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La minuscule caroline

La minuscule caroline est un nouveau type d'écriture, propre à l'époque carolingienne, qui apparaît vers 770-780. Quoi de l'effort de collecter les ouvrages antiques et de les copier, ou de la nouvelle écriture entraîna l'autre reste obscur. On attribue généralement à Alcuin l'essor de la nouvelle façon d'écrire, plus lisible, plus simple à manier que l'ancienne écriture mérovingienne. La caroline facilita le travail des copistes: de long textes pouvaient être copiés dans un espace restreint et le travail de production pouvait être uniformisé dans tout le royaume. L'écriture caroline est à l'origine de notre écriture moderne. Alors qu'elle fut vraisemblablement créée dans les scriptoria des Gaules, elle fut ensuite imposée en remplacement des écritures nationales utilisées dans les domaines francs

La minuscule caroline se répandit très rapidement dans toutes les parties du monde franc puis elle gagna peu à peu les pays voisins, ainsi l'Italie, l'Espagne ou l'Angleterre. Il n'y a qu'en Irlande qu'elle ne remplaça pas l'écriture nationale. Les bulles pontificales finirent par l'employer sous Clément II (1046-1047), un pape allemand, et elle se généralisera à Rome sous Honorius II (1124-1130). On notera que la chancellerie royale franque resta assez longtemps attachée à l'écriture mérovingienne. On ne commencera à utiliser la caroline, sous Louis le Pieux, que pour la date et elle s'imposera pour l'ensemble des documents sous Louis le Germanique (840-876) seulement, adoptant des formes particulières qui la font nommer "minuscule diplomatique". Les chartes privées, elles, passèrent rapidement à la caroline

La minuscule conserva encore, au tournant du IXème siècle, certaines influences de l'écriture mérovingienne qu'elle remplaçait et elle acquit définitivement son indépendance dans le cours du IXème siècle. L'évolution continue au Xème siècle mais la caroline subit les contrecoups de l'époque, étant souvent négligée et grossière du fait de copistes qui sont moins exercés dans leur art et ont moins de sens artistique que leurs prédécesseurs. Cette évolution, par ailleurs, vit exister des écoles calligraphiques (Saint-Gall, Ecole palatine, Tours; nombreuses écoles allemandes: Bamberg, Eichstät, Fulda, Lorsch, Ratisbonne, Reichenau, Salzbourg, Würtzbourg) voire des façons d'écrire la minuscule caroline selon certaines régions. Les scribes les plus âgés conservaient l'écriture de leur jeunesse ou on voyait des copistes innovateurs. Il est à noter qu'aucun capitulaire n'a jamais été rendu sur la minuscule caroline non plus qu'il semble qu'aucun modèle d'écriture n'ait jamais existé, puisque qu'aucun ne nous a été conservé. Ce sont les copistes qui ont assuré l'élaboration progressive d'un modèle commun, les copistes avancés apprenant aux novices. Un capitulaire de mars 789 concerne les livres et porte surtout sur l'amélioration du texte des livres d'Eglise, exhortant les ecclésiastiques à faire copier correctement les livres saints. Alcuin non plus, bien qu'auteur d'un traité sur l'orthographe, n'évoqua pas la forme des lettres

Dans la minuscule carolingienne, on s'efforce de mieux séparer les mots qu'avant et Alcuin voulaient que les copistes mettent en relief le sens des textes par la ponctuation. Les prépositions et autres petits mots restèrent longtemps joints au mot qui suivait et, pour la ponctuation -apparaissant vers 900- on ne trouva pas de système unique. Les différents signes employés, en tout cas, visaient à indiquer la longueur de la pause. Toute phrase nouvelle commençait par une majuscule et on laissait un espace blanc entre deux phrases. On ne connaissait pas le trait d'union. Selon l'usage mérovingien, de grandes lettres sont utilisées pour les titres des chapitres et le début des phrases: soit la lettre était tirée de l'alphabet des capitales, soit d'un autre alphabet mais souvent on se contentait tout simplement d'écrire la lettre minuscule sur une plus grande échelle. Les noms propres passeront aussi progressivement, pour leur initiale, à une capitale. Lorsque les Vikings s'installèrent en Normandie, les Francs ajoutèrent le "W" à l'alphabet pour rendre le son "ou". Jusque là, ils avaient déjà transformé le "U" latin -qui rendait le son "u"- en "V". Le "U", en effet, bavait sur le parchemin lorsqu'on l'écrivait. Le "W" était un double "V". L'alphabet occidental est de type alphabétique, venu des alphabets de la Méditerranée. Ce type d'alphabet compte habituellement aux alentours de 25 signes, chacun correspondant à un son. Les autres types d'alphabet, dans le monde, sont soit de type syllabique, soit de type glyphique. Les alphabets syllabiques comptent aux alentours de 80 signes car ils comprennent toutes les variantes des consonnes associées aux différentes voyelles. Les alphabets glyphiques comptent, eux, des milliers de signes car chaque glyphe représente un mot (le meilleur exemple en est l'alphabet chinois, par exemple)

Website Manager: G. Guichard, site Learning and Knowledge In the Carolingian Times / Erudition et savoir à l'époque carolingienne, http://schoolsempire.6te.net. Page Editor: G. Guichard. last edited: 4/30/2015. contact us at geguicha@outlook.com