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L'idée monarchiste aujourd'hui en France

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Après l'époque carolingienne, ce fut la troisième race des rois de France, les Capétiens, qui assurèrent le destin des Francs et de leurs peuples. Une de leur attitude assez constante fut leurs relations avec les marchands, d'une part, et une propension à se fâcher avec la papauté. Le royaume, au moment de la crise de la Réforme du XVIème siècle, par un nationalisme mal compris qui entend se défendre contre la constitution de l'ensemble impérial austro-espagnol, va, par ses atermoiements, faciliter le développement et l'implantation de celle-ci. Les Capétiens finirent par succomber au regain de la constestation libérale du XVIIIème siècle: les Philosophes des Lumières combatifs, les Grands du royaume tentés par la monarchie parlementaire à l'anglaise, finirent par provoquer la grande conflagration de la Révolution Française: ce fut le début de la fin de la monarchie et du catholicisme en France. Après les péripéties révolutionnaires (entre divers modérés et ultra-révolutionnaires) et l'épisode napoléonien (Napoléon Ier garant d'une forme de retour à une certaine stabilité rassemblant depuis des révolutionnaires relativement modérés à des monarchistes libéraux, mais perdu par sa politique de conquêtes), les forces monarchistes sont affaiblies et les velléités de Louis XVIII d'essayer de concilier les inconciliables -les acquis de la Révolution et les ultras-monarchistes- ne font que mener à l'installation de la monarchie constitutionnelle et libérale, d'inspiration anglaise, en France, à partir de 1830, qui passe aux Orléans, une branche cadette des Capétiens, connue dès la Révolution pour ses opinions libérales. "Orléanistes" -les partisans des Orléans- et "légitimistes" -partisans des Bourbons- continuent d'exister sous le Second Empire, les Orléanistes comme parti politique et par leur influence intellectuelle, les Légitimistes essentiellement en retrait. Après 1870, l'échec d'une restauration de la monarchie par défaut d'entente entre les orléanistes et les légitimistes laisse le pouvoir à des coalitions de modérés et de radicaux qui ne font que permettre, par des concessions aux radicaux, le progrès de l'anticléricalisme républicain. Le clergé est largement opposé à cette forme de républicanisme. En 1890, cependant, le cardinal Lavigerie, suivant les ordres du pape Léon XIII, prononce le toast d'Alger et appelle les catholiques français à accepter la forme républicaine de gouvernement (le fameux "ralliement"), comme moyen d'éviter la destruction de la France du fait du degré atteint par ces luttes; les catholiques sont invités à entrer en politique et à y faire avancer leurs idées. Pratiquement, cette nouvelle politique se concrétise à partir de 1893 par le gouvernement Casimir Périer-Spuller et, plus encore, en 1896, par le gouvernement Méline

Ainsi, le monarchisme, en France, depuis la fin du Second Empire, a évolué selon les grands mouvements de l'Histoire. Le comte de Chambord, dernier représentant direct des Bourbons, meurt en exil en Autriche-Hongrie en 1883. A cette date, la majorité des légitimistes, se rallie au comte de Paris, représentant de la branche Orléans. Une faible fraction choisit de passer à la branche espagnole des Bourbons qu'ils considèrent comme les successeurs à la couronne de France en vertu des "lois fondamentales du royaume", lois coutumières de la succession à la couronne qui ont été bâties au fil des siècles et des contingences. Mais les orléanistes proprement dit sont passés au républicanisme modéré style Thiers puis à la politique pontificale du Ralliement. On voit alors le comte de Paris déléguer l'idée monarchiste à Charles Maurras, tenant d'un monarchisme instrumentalisé et éloigné de Rome. L'"Action Française", mouvement de Maurras voit donc se rallier à lui les légitimistes français. L'Action Française, à l'encontre de la politique du Ralliement, participe à l'affrontement aux anti-cléricaux, qui se transforme en l'affaire Dreyfus. Les conservateurs modérés voient donc leurs efforts contrecarrés et les extrêmismes l'emporter, ce qui, finalement, mène à la loi de Séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905. Tout cela -conservateurs modérés s'efforçant à un accord au centre avec les Républicains, monarchistes maurrassiens- se poursuit pendant l'entre-deux-guerres, augmenté de la question des autoritarismes de droite. Le chef de la maison des Orléans finit, avec la fin de la Seconde Guerre Mondiale, par passer au keynésianisme américain ainsi que l'a fait Rome. Comme ce choix est considéré comme trop libéral par les légitimistes, ceux-ci tendent alors à se tourner vers les tenants de la branche espagnole. Le plus récent de leurs prétendants est Louis, duc d'Anjou, petit cousin du roi Juan Carlos d'Espagne, qui, roi, deviendrait Louis XX. Les tenants de la branche espagnole, cependant, sont très marqués par des fréquentations d'extrême-gauche ou leurs liens avec la fraction conservatrice des Démocrates américains

La question contemporaine de la monarchie en France, stricto sensu, ou "querelle dynastique" est la suivante: jusqu'en 1789, la succession à la couronne en France est régie par les lois fondamentales du royaume (hérédité, primogéniture masculine, collatéralité masculine, indisponibilité de la couronne, catholicité, le caractère étranger ne doit pas s'affirmer contre une loi fondamentale) dont le Parlement du royaume est le gardien, conception maintenue malgré le traité d'Utrecht (1713) qui fait qu'un héritier potentiel de la couronne, Philippe V, devenu roi d'Espagne, renonce à ses droits (on ne peut modifier l'ordre de succession déterminé par les lois fondamentales). En 1830, Charles X, qui représente la monarchie traditionnelle et Rome, est évincé par Louis-Philippe d'Orléans, qui représente le libéralisme, ce qui donne naissance à deux écoles fondamentales: les légitimistes "primitifs" tenants de la monarchie traditionnelle, des lois fondamentales et les orléanistes "primitifs" tenants de la monarchie constitutionnelle et du libéralisme. En 1870, quand se pose la question d'une possible restauration monarchique, les orléanistes "primitifs" ne sont plus monarchistes mais sont passés au républicanisme modéré de Thiers. La question est de savoir si on rétablit l'héritier légitimiste, le comte de Chambord, descendant de Charles X ou l'héritier orléaniste, le comte de Paris, descendant de Louis-Philippe. Dès cette époque, le comte de Paris affirme un attachement inédit, contre les orléanistes primitifs, à la monarchie selon les légitimistes et entend s'inscrire dans la proximité d'avec le comte de chambord. Il y a une forme de regroupement des royalistes légitimistes et orléanistes de ce temps nouveau. En 1883, le comte de Chambord meurt sans héritiers. La question se pose donc de qui devient l'héritier de la couronne de France et, surtout, de quelle doit être la place accordée aux Espagnols, descendants de Philippe V. Le comte de Chambord a fait état de son attachement aux lois fondamentales mais il a aussi quasiment désigné le comte de Paris comme son successeur, sans tenir compte des Espagnols, ceci sur la base que les malheurs ont rapproché les deux branches françaises. Jusqu'en 1945, les comtes de Paris orléans font le consensus de la majorité des légitimistes; le ralliement de ceux-ci, cependant, ne signifie pas ralliement au libéralisme et ils sont des partisans de Mun ou des catholiques sociaux comme Tour du Pin. De plus, légitimistes et orléanistes passent à l'Action française, Charles Maurras étant le mandataire du comte de Paris Philippe VII. L'essentiel de la minorité des légitimistes français, en 1883, sur la base d'un refus des orléanistes et par respect des lois fondamentales, se rallie, sous le nom de "Blancs d'Espagne", à l'Espagnol Jean de Bourbon, qui représente la descendance des Bourbons par la ligne masculine de Philippe V. Jean de Bourbon, cependant, n'est pas dynamique politiquement. Les légitimistes ralliés aux comtes de Paris sont qualifiés de Blancs d'Eu. Dès 1937, le comte de Paris d'alors secoue la tutelle maurrassienne, peut-être en lien avec l'excommunication de l'Action française en 1926 (levée en 1939). Ce mouvement ainsi que le rattachement du comte de Paris à la social-démocratie rooseveltienne de 1945 amène un détachement des légitimistes, qui rejoignent les Blancs d'Espagne et leur donnent un nouveau dynamisme. Cet état nouveau du camp royaliste divise donc: les partisans du comte de Paris (ils s'estiment les légitimes héritiers de la couronne de France; le prétendant espagnol est disqualifié par le traité d'Utrecht sans compter que, selon l'arrêt Lemaître (qui, au XVIème siècle avait eu à se prononcer sur la succession de Henri III) il est un étranger; les Espagnols, avec le temps, sont devenus des princes espagnols seulement; les comtes de Paris contemporains se sont éloignés des lois fondamentales (l'un avait exhérédé son fils; ce dernier s'est rétabli héritier de la couronne puis a conféré la qualité à son fils cadet, l'aîné étant handicapé mental; le titulaire orléaniste actuel est Jean d’Orléans, "duc de Vendôme", qui deviendrait Jean IV en cas de restauration de la monarchie; les Orléans peuvent, si on ne tient pas compte des carlistes espagnosl (voir plus bas), se revendiquer d'être les légitimes successeurs du comte de Chambord par les mâles -ils descendent de Philippe, frère de Louis XIV) et les partisans de la branche espagnole (ils s'estiment héritiers de la couronne, selon les lois fondamentales, en tant que descendants de Philippe V dont la renonciation du traité d'Utrecht est nulle; les Espagnols sont la branche aînée des rois d'Espagne laquelle a renoncé à ses droits à la couronne espagnole en 1933 (Juan Carlos, le roi actuel, appartient à la branche cadette); le titulaire de la branche espagnole actuel est Louis de Bourbon, duc d'Anjou, qui deviendrait Louis XX en cas de restauration de la monarchie). On peut reprocher à la branche espagnole de descendre de Philippe V par les femmes: la loi salique, importée par Philippe V en Espagne, y a fait naître une autre branche monarchiste, les "carlistes", conservateurs, opposés à la monarchie centralisatrice de type colbertiste et opposés à la pente libérale du catholicisme. Son origine se situe en 1830 lorsque le roi d'Espagne Ferdinand VII transmit la couronne à Isabelle, sa fille aînée. Les carlistes proviennent de Charles de Bourbon (1788-1855), frère cadet du roi qui, malgré les "guerres carlistes" jusqu'en 1876, ne purent reprendre le pouvoir à la branche féminine. Constituant une opposition de droite à Franco et participant cependant à la guerre civile dans le camp nationaliste, le prétendant de la branche originelle est Alphonse-Charles Ier, qui meurt en 1936. Le flambeau, repris par une branche des Bourbon-Parme, le carlisme, de nos jours, s'est divisé entre une branche partisane du socialisme-autogestionnaire et du régionalisme avec Charles-Hugues de Bourbon-Parme, mort en 2010, à qui a succédé son fils Charles Xavier, la branche dite la "Communion traditionaliste carliste", qui ne dispose pas de prétendant et est active en Espagne et la "Communion traditionnaliste" dont le prétendant est Sixte Henri de Bourbon-Parme, frère puîné du précédent et sans héritiers (ses partisans, à sa mort, pourraient avoir à se rallier à Domingo de Hasburgo-Borbon y Hohenzollern, une branche issue de la branche originelle, dite "carloctaviste" qui fut favorisée les Franquistes comme opposants aux carlistes (en même temps, d'ailleurs, que les deux branches "légitimes" espagnoles, l'aînée (fis aîné d'Alphonse XIII) et la cadette (fils puîné, celle de l'actuel Juan Carlos

Le devenir des monarchies et de la Chrétienté en Europe, d'une façon générale, n'a pu que dépendre de l'évolution qui s'est faite depuis l'an 1500 dans le passage de l'ancien monde au monde contemporain: les divers protestantismes qui se sont transformés en les différents capitalismes en conflit entre eux puis, au XXème siècle, le développement et la suprématie des trois clans du socialisme (sociaux-démocrates, Russes staliniens, trostkystes internationalistes). La papauté, depuis le concile de Trente, a condamné toutes les nouveautés: protestantismes, sociétés industrielles, libéralisme politique, socialisme, communisme, national-socialisme; cependant, depuis 1945 et, a fortiori, depuis le concile Vatican II, elle a été investie par les trois clans socialistes

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