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Le monachisme occidental selon Benoît XVI (septembre 2008)

Le discours au monde de la culture français, prononcé par le pape Benoît XIV, dans la nouvelle salle des Bernardins, lors de son voyage en France en septembre 2008, s'est axé sur le monachisme occidental. Il donne, dans la perspective de nos réflexions, un éclairage important. Les moines d'Occident se fondaient sur deux piliers: la culture, le travail et, en cherchant Dieu, ils s'imbriquaient dans une époque et un temps, qui fut celui du Moyen Age et celui de l'Europe. Une idée principale du pape fut de souligner aussi que les moines de l'Occident eurent comme but, avant tout, de chercher Dieu et que toutes les autres de leurs implications dans le siècle ne furent que des conséquences dérivées de cette quête fondamentale. Le pape a ainsi "retourné" un discours classique sur l'histoire religieuse, qui consiste à insérer celle-ci dans l'histoire temporelle et l'a remplacé par cette vue fine que les moines d'Occident ont d'abord cherché Dieu et que le reste leur a été donné par surcroît, comme un don gratuit de Dieu

Pour ce qui est de la culture, les moines ne cherchaient pas à créér ou perpétuer une culture mais de trouver ce qui avait de la valeur et qui durait toujours donc, en fait, Dieu. Le travail culturel, de la raison, permet de passer des choses secondaires aux choses essentielles, importantes et sûres. La bibliothèque et l'école des monastères et des abbayes sont fondamentales car elles sont le chemin vers la Parole (il s'agissait de former la raison et l'érudition pour chercher, au milieu des paroles, la Parole). La parole de la communauté des moines comme moyen de s'adresser à Dieu -la prière- s'accroît naturellement de la musique: déjà évoquée dans les Psaumes, ou comme le chant des anges auprès du trône de Dieu, le chant grégorien permet d'être en compagnie avec toute la Cour céleste -la Cour céleste étant à l'origine de l'harmonie du monde. Le chant grégorien est une musique digne de Dieu en même temps que digne que l'homme. La Parole qu'étudient les moines est Dieu qui parle à travers des paroles humaines et par l'histoire des hommes. Le catholicisme, ainsi n'est pas une religion du Livre, stricto sensu, mais une religion de la Parole, laquelle entre dans l'histoire humaine. Enfin, le travail des théologiens médiévaux et des Pères fut de se laisser guider par l'unité dynamique des textes sacrés. Cela seul, comme l'a dit saint Paul donne la vraie liberté intérieure, celle non de la vision personnelle mais celle guidée par l'Esprit de Dieu. C'est toute cette tension entre "lien et liberté" qui a modelé la culture occidentale. L'arbitraire subjectif ou le fanatisme fondamentaliste sont absence de lien avec la Parole et avec l'auteur de la Parole, Dieu et sont donc non la liberté mais destruction de la liberté

Pour ce qui est du travail, seuls les Juifs -au contraire du monde gréco-romain- avaient une culture du travail (les rabbins avaient tous un métier artisanal). Le monde païen était un monde créé par un démiurge qui n'avait pas condescendu à créer le monde de ses mains. Pour le catholicisme, ainsi, Dieu lui-même travaille: il crée le monde et le travail est donc une expression particulière de la ressemblance de l'homme avec Dieu. Ce choix des moines d'Occident a été fondamental, pour eux, comme pour l'Europe car le choix du travail mène au fait que l'Histoire est déterminée par l'Homme et ces choix éthiques sont le choix de la collaboration avec Dieu. Ils comportent cependant un risque: transformer le monde peut aboutir à le détruire...

Tout chrétien doit, comme le disait saint Pierre, être prêt à s'expliquer à ceux qui lui demandent de rendre compte de l'expérience qui est en lui. Aussi, l'annonce de la Parole de Dieu n'est pas propagande mais tout simplement annonce aux hommes d'un Dieu qu'ils connaissent -et cherchent- en fait intuitivement. Le catholicisme n'est pas une pensée mais un fait: Dieu s'est révélé (Dieu est le Verbe qui s'est fait chair). La raison, cependant, reste nécessaire pour accueillir ce Dieu qui s'est révélé mais une raison qui, telle celle du moine médiéval, chemine au coeur de la Parole même de Dieu, vers Dieu. Le cheminement théologique est un chemin où Dieu rencontre l'homme, et réciproquement. Enfin, un positivisme, au contraire, qui renverrait au subjectivisme, ou à la science, la question de Dieu, serait l'échec de l'humanisme. La recherche de Dieu et la disponibilité à l'écouter ont fondé l'Europe

Website Manager: G. Guichard, site Learning and Knowledge In the Carolingian Times / Erudition et savoir à l'époque carolingienne, http://schoolsempire.6te.net. Page Editor: G. Guichard. last edited: 12/28/2010. contact us at geguicha@outlook.com