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Les affirmations de James Cameron quant au tombeau du Christ

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En 1980, les services de l'archéologie préventive israëliens pratiquent la fouille d'une tombe familiale qui a été découverte dans le quartier de Talpiot, un quartier de Jérusalem. A l'époque, rien d'anormal n'est remarqué. Comme toutes les tombes juives de Jérusalem, celle-ci consistait en niches ou en bancs taillés dans le rocher, sur lesquels les morts étaient placés et en ossuaires dans lesquelles les restes des défunts étaient placés après décomposition. Les archéologues, selon leur pratique habituelle, ont stocké les ossuaires dans leurs bâtiments après avoir enterré les ossements dans un cimetière juif

En 1996, un documentaire de la BBC émet, pour la première fois, l'hypothèse que le caveau de Talpiot serait le tombeau du Christ. Les archéologues professionnels avaient alors démenti. Récemment, le cinéaste James Cameron, l'auteur bien connu de films comme les Terminator et le Titanic, aidé d'un archéologue autodidacte, a repris le dossier et est arrivé à la conclusion, lui aussi, que la tombe serait celle de Jésus et des membres de sa famille. Ses conclusions se fondent sur une étude statistique: sur 900 tombes familiales retrouvées à Jérusalem, 71 seulement contiennent un ossuaire qui porte le nom "Jésus". La fréquence devient encore moindre qu'un tel ossuaire soit associé à un autre qui porte le nom de Joseph. Et la fréquence devient encore moindre qu'un ossuaire de la tombe porte le nom de Marie. Les ossuaires retrouvés dans le tombeau de Talpiot, en effet, portent tous les noms rattachés à la famille du Christ telle que l'on la connaît dans le Nouveau Testament. Le documentaire de James Cameron estime donc que la probabilité de retrouver dans une même tombe tous ces noms est faible et que, donc, la tombe de Talpiot est le tombeau du Christ

Les autorités religieuses et les archéologues professionnels ont objecté à cette démonstration. Les premiers sur la base, essentiellement, d'arguments d'autorité; les seconds en argumentant scientifiquement. Une forme de synthèse de cette dernière approche semble réunie dans un ouvrage intitulé ""La découverte du tombeau", publié en 2009 aux éditions belgesFidélité. Cette étude fait état de ce que le documentaire de Cameron est essentiellement romanesque voire partisan de la théorie du complot ("on nous cacherait quelque chose") et, de plus, partisan de la célèbre volonté que Jésus ait été marié à Marie-Madeleine. La découverte de ce tombeau banal, de plus, dans les années 1980, a fait l'objet, ainsi que dans les années 1990, de publications scientifiques dans des revues d'archéologie, sans que cela ait suscité un quelconque émoi. On avait, d'ailleurs, vers 1940, déjà découvert un ossuaire d'un "Jésus, fils de Joseph". Une approche scientifique remet essentiellement en cause l'approche romanesque de Cameron: Marie-Madeleine n'est pas parente de Jésus; elle n'aurait pas eu sa place dans le tombeau familial de Jésus. Le fait que l'ADN de son ossuaire indique qu'elle et Jésus n'étaient pas de la même mère n'apporte pas grand chose au débat, d'autant que les ossuaires servaient souvent à deux personnes, ce qui était le cas pour cet ossuaire. Le célibat de Jésus, même si les rabins étaient mariés, peut ne pas être remarquable si on pense aux choix de certaines sectes (Esséniens, Thérapeutes, etc.). Les scientifiques, enfin, notent la réduction quantitative de l'"étude" de Cameron (il existait d'autres types de tombes juives à l'époque), des approximations scientifiques (une croix sur un ossuaire, à l'époque, ne pouvait être déjà le signe du catholicisme mais, plutôt, une simple marque de maçon; une étude sur les noms de personnes juives entre la fin du IVème siècle avt. J.-C. et le IIème siècle ap. J.-C. montre, qu'à l'époque de Jésus, 1 personne sur 24, dans l'ensemble de la population juive, portait le nom de Jésus et, sur une population de Jérusalem de 40000 personnes, il y avait une chance sur 250 qu'un Jésus soit fils d'un Joseph ou réciproquement; 30% des prénoms juifs de l'époque étaient constitués par Jésus, Judas et Joseph; 1/4 des femmes s'appelaient Marie). Les statistiques de Cameron ne prennent comme référence que 900 tombes juives pour affirmer que la convergence de tous ces noms n'est, ainsi, trouvée que dans une seule tombe. Les points de vue de Cameron, enfin, semblent bien marqués par une forme d'occultisme: la ligne brisée, ainsi, qui surmontait la porte du tombeau -et qui existe en nombreux exemplaires dans les tombes juives- est interprété comme aux origines de la franc-maçonnerie occidentale, via les Croisés

L'auteur du documentaire, ainsi, semble ne pas exactement se rendre compte des questions corrélatives qu'un tel documentaire peut amener à poser. D'abord et bien sûr, la question de la Résurrection: s'il y eu ossements du Christ, est-il ressuscité? Il semble que, sur ce point, certains, au plan de la théologie, pourraient argumenter que la présence d'ossements ne seraient pas incompatible avec la Résurrection dès lors que l'on ferait appel au fait que St Paul conçoit la résurrection comme une résurrection spirituelle et que ce n'est qu'avec les quatre Evangiles qu'on la conçoit réellement comme une résurrection physique. La Résurrection est cependant centrale dans la foi chrétienne ainsi que St Paul le définit dans la 1ère Epître aux Corinthiens (1 Co 15, 17): "Et si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi [...]". Cependant, cela ne ferait que déplacer la question puisque, dans ce cas, la présence d'ossements resterait incompatible avec l'Ascension. Enfin, de telles recherches ne peuvent manquer de mener à des hypothèses plus hardies encore: si, par exemple, il y a tombeau familial du Christ à Jérusalem, qu'est-ce cela peut signifier. N'y aurait-il pas eu une colossale manipulation, à l'époque, dans le cadre des conflits entre Romains -qui terminent la conquête de la Méditerranée- et les divers clans juifs qui collaborent ou s'opposent à la conquête de la Judée? Si, par exemple, les Romains ont utilisé, pour accélérer et faciliter ces conquêtes -il s'agit là d'une pure hypothèse- les ressorts des religions des peuples qu'ils conquéraient, n'auraient-ils pas utilisé un Christ -comme une secte juive parmi d'autres- comme élément destiné à leur faciliter la conquête. Ainsi, pour conquérir la Grèce, ils auraient pu jouer sur le ressort de l'antique aversion pour les Perses; pour la Gaule, on sait qu'un druide -Dividiac- aurait été proches d'eux; ou, pour l'Egypte, Pompée aurait pu jouer sur la crainte de sècheresses prolongées du Nil (les fameuses sept années de vaches grasses suivies de sept années de vaches maigres). Aussi, il semble bien que ce documentaire pose beaucoup plus de questions qu'il ne prétend en résoudre et que, surtout, de tels documentaires participent d'une forme d'irresponsabilité tellement leurs auteurs ne se rendent pas compte de l'énormité -au sens strict- des réactions en chaîne qu'ils peuvent déclencher. James Cameron, par ailleurs, a été souvent vu aux côtés du directeur de la NASA, nommé par le président américain George Bush, et semble un partisan des conceptions les plus avancées en matière de conquête spatiale. Enfin, Jacobovici, l'érudit qui travaille avec Cameron a ensuite été connu pour avoir créer un faux, l'ossuaire de Jacques puis une étude controversée sur une traduction du texte araméen "L'histoire ecclésiastique" de Zacharias Rhetor, manuscrit apporté au British Museum en 1847 d'un monastère égyptien et que les scientifiques rejettent comme insignifiant

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