logo du site et lien-retour vers la home page française image décorative 2, semblable à la précédente mais plus petite .Sur l'Austrasie .Les Francs, une des tribus perdues d'Israël? arrow back

Des Mérovingiens aux Carolingiens

bandeau décoratif pour les pages du site, qui rappelle celui de la page d'accès général et celui de la home page de la partie française

L'empire romain d'Occident tomba sous les coups des tribus germaniques au cours du Vème siècle. La fin de l'Empire romain avait mené à cette Europe barbare. Le dynamisme de l'Empire romain s'était essouflé: les grands domaines se renfermèrent sur eux-mêmes à l'encontre de l'économie monétaire, les provinces tendirent à l'autonomie et brisé l'unité politique, l'esclavage entra en perdition pour cause de christianisme et l'intervention de l'Etat (maxima des prix, corporations, hérédité, réquisitions de main d'oeuvre, etc.) ne fit qu'accentuer ces tendances. L'Etat même devint centralisé, excessif et autoritaire ce qui accentua le nombre des fonctionnaires et l'impôt, donc la crise. Un autre aspect de la crise fut la crise des armées aussi bien chargées du "limes" que de l'ordre intérieur: plus de recrutement pour les légions, appel aux Barbares. Cette crise interne vint ainsi s'ajouter à la pression des Germains ou des Perses aux frontières: après les infiltrations progressives (le système des Barbares installés comme gardiens des frontières contre les autres), les Grandes Invasions finirent par donner un tour définitif à la crise: l'Empire se grippa, les installations des Barbares accentuèrent les troubles, la "villa" finit de s'autonomiser et de s'agrandir, y compris sur le plan administratif, politique et militaire. Le désordre gagna, les installations barbares se constituèrent en royaumes indépendants ou des groupes de brigands s'installèrent sur des régions entières. L'Empire d'Occident, vers 450, finit de se dissoudre en les nouvelles entités politiques nées de l'arrivée des Germains. Pendant les siècles à venir, allait s'opérer la synthèse entre les Germains, le legs de Rome et l'Eglise. En France, une nette distinction se fit entre le Nord et le Sud au profit des premières, où se trouvaient les Francs et le Sud manquait de talents

Les Francs et les Anglo-saxons exceptés, les royaumes que les peuples germaniques fondèrent en Occident disparurent rapidement, d'une façon générale et furent assimilés par les peuples autochtones. La conquête finale des Gaules romaines par les Francs à la fin du Vème siècle fut un évènement marquant de l'histoire de l'Europe. Les Francs étaient l'une des plus importantes tribus ou confédérations germaniques. Le royaume franc fondé par Clovis vers 486 fut un royaume métissé, romano-germanique où l'influence de Rome se poursuivit en termes de structures administratives, de langue, de culture ou de nombreuses formes d'art. Childéric Ier, le père de Clovis, était un commandant militaire dans l'armée de Rome. L'autre évènement marquant des Mérovingiens fut, bien sûr, la conversion de Clovis au catholicisme, ce qui inaugura l'alliance entre les papes et les dirigeants francs. Mais la suite de la période mérovingienne, cependant, se transforma vite en luttes intestines et en un déclin progressif

La dynastie mérovingienne, sous la royauté de Clovis, finit par prendre le pouvoir dans l'ancienne Gaule, et les successeurs du roi poursuivirent son oeuvre. Les Francs mérovingiens avaient fini par contrôler un vaste et riche territoire et les Francs avaient pu y garder leur identité -dont leur aptitude au combat- sans compter leur conversion au catholicisme. Une des faiblesses des Francs, comme les autres peuples germaniques, est que leur roi devait compter avec une noblesse turbulente et qu'ils n'étaient pas parvenu à une conception théorique de l'Etat. C'est à la fin du VIème siècle qu'une lutte de 30 ans se développa entre deux des petit-fils de Clovis. Elle mena à un affaiblissement des Mérovingiens. En 263 ans, le royaume franc n'a connu l'unité que pendant 72 ans. Le déclin du regnum Francorum de Clovis fut dû à la volonté des Grands de s'approprier et d'exploiter l'Etat, laquelle fut réalisée grâce aux maires du palais, leurs représentants. A partir d'aux alentours de 613 la royauté passa sous le contrôle des maires du palais, qui agissaient comme une sorte de premier ministre des rois mérovingiens. Comme la coutume était que le royaume soit divisé entre les héritiers du roi, le royaume de Clovis avait été divisé en "sous-royaumes". L'un de ceux-ci, l'Austrasie, devint en 623 le lieu de naissance de la dynastie franque à venir, les Carolingiens. L'aristocratie austrasienne avait mis fin à la lutte de 30 ans; une fois la paix revenue dans le monde franc, le roi mérovingien continua d'accorder à l'Austrasie un roi particulier. Arnoul, évêque de Metz, devint le conseiller du roi; Pépin de Landen, l'un des aristocrates qui avaient combattu pendant les désordres, devint maire du palais. Adalgisel, fils d'Arnoul épousa Begga, fille de Pépin et c'est ainsi que naquit le lignage des premiers Carolingiens. St Arnoul (vers 582-640 ou 641), membre d'une grande famille franque de Lorraine, était le 27ème évêque de Metz (613-628) et il se fête le 18 juillet. Il est le patron des brasseurs. Jeune, il reçut une formation politique pratique, auprès de son grand-oncle à la cour du roi d'Austrasie puis, à titre personnel, à la cour de Théodebert II. Marié, il eut deux fils. Associé à Pépin de Landen, il s'opposa à la reine Brunehilde et fit intervenir Clotaire II, roi de Neustrie. Arnoul et Pépin unirent alors leur famille par le mariage d'Ansegisel, fils d'Arnoul et de Begga, fille de Pépin. Arnoul fut récompensé en 613, par Clotaire II, qui avait recouvré le contrôle de tous les royaumes francs, de l'évêché de Metz, la capitale de l'Austrasie; il continua aussi son rôle politique à la cour austrasienne. Il finit par devenir le précepteur de Dagobert Ier, fils de Clotaire et dernier réel roi mérovingien. Quand Dagobert Ier accèda au pouvoir, en 629, Pépin et Arnoul furent finalement écartés -sans doute pour préserver l'unité retrouvée du royaume. St Arnoul se retira au monastère colombanien de Remiremont qui était gouverné par Romary, son ami. Il mourut à Saint-Mont, monastère près de Remiremont. Ses restes furent transférés, peu de temps après sa mort, à Metz, dans l'église des Saints-Apôtres, qui prit le nom de St-Arnoul en 717. Arnoul joua un rôle important dans cette époque des débuts de la lignée carolingienne car lui et sa famille faisaient partie d'une constellation de saints austrasiens, ce qui servit de puissante toile de fond à la dynastie. Le réseau d'églises et de monastères construits pendant la période mérovindienne, d'une façon générale allait finalement fournir à Charlemagne l'infrastructure adminsistrative qui lui permettrait d'unifier le grand nombre des territoires sur lesquels il régnait. Les origines plus anciennes de saint Arnoul restent compliquées: les Carolingiens ont très tôt privilégié l'ascendance pippinide, quoique par les femmes -Begga, fille de Pépin de Landen- aux dépens de l'ascendance agnatique, par les mâles, qui se rattachait à saint Arnoul via son fils Ansegisel. Plus avant pour Arnoul, il y a débat depuis l'époque de Charlemagne. Beaucoup d'anciennes chroniques rattachent Arnoul à une antique famille franque, elle-même rattachée à une famille d'antiques sénateurs -ce qui permet donc de commémorer l'alliance des Francs et des Gallo-romains- et à la famille royale mérovingienne -donc de légitimer la dynastie. D'autres accentuent l'origine austrasienne d'Arnoul et le rattachent aux rois francs de Cologne d'aux alentours de l'an 500. Les choses se compliquent dans certaines chroniques puisque l'ascendance d'Arnoul s'égare en Aquitaine, avec aussi une ancêtre alamane voire Arnoul, au XIème siècle, participe à la légende troyenne des Francs ou au XVIIème, son ancêtre est l'empereur romain Avitus. La première version est sans doute la bonne puisque, dans les régions occupées par les Germains, un mélange entre aristocraties avait, généralement, eu lieu la plupart du temps. Un autre aspect plausible est de faire des évêques de Metz des VIème et VIIème siècles, l'ascendance principale d'Arnoul

Pépin de Héristal, fils d'Ansegisel et Begga, fut écarté du pouvoir pendant une vingtaine d'années après que l'un des fils de Pépin de Landen ait essayé de renverser le roi légitime d'Austrasie. Pépin put cependant réapparaître à la faveur de nouvelles luttes qui opposèrent le maire du palais de Neustrie -l'autre principal "sous-royaume" mérovingien- et l'aristocratie. Vers 687 Pépin de Héristal devint maire du palais d'à la fois l'Austrasie et la Neustrie, possédant un vaste pouvoir et marquant réellement le passage aux Carolingiens. La monarchie franque passait des Saliens aux Austrasiens, aux Francs Ripuaires, l'élément le plus germanique, le moins romanisé des Francs. Le pouvoir de Pépin était tel qu'à sa mort, en 714, il put considérer le monde franc comme son patrimoine héréditaire. Il conféra la mairie du palais à son petit-fils Théodoald. Théodoald était sous le contrôle de la veuve de Pépin, et l'aristocratie austrasienne finit par se révolter. Charles, un fils de Pépin et d'une concubine, Alpaïs, prit la tête de la rébellion et l'emporta. Charles reçut le surnom de Martel (Charles Martel, le "marteau de Dieu") à la bataille de Poitiers (732) où il écarta d'Europe la menace des musulmans d'Espagne. Jusqu'à sa mort en 742 il développa la puissance du royaume franc; il consolida l'armée carolingienne par des dons de terre; il aida St Boniface à apporter le christianisme en Germanie. Le pouvoir de Charles Martel était tel qu'entre 737 et 742 il put régner seul, sans désigner d'héritier au feu roi mérovingien. Vers 737, cependant, une partie de la noblesse d'Austrasie est encore attachée aux Mérovingiens. A Charles Martel succédèrent ses deux fils, Pépin le Bref et Carloman. Ils régnèrent conjointement jusqu'en 747. Ils combattirent quelques velléités de révolte; ils mirent avec St Boniface de l'ordre dans l'Eglise franque qui avait souffert des luttes précédentes et il ré-installèrent temporairement un roi mérovingien, Childéric III. Carloman se retira volontairement en 747 dans un monastère près de Rome. Pépin, resté seul roi, décida d'assumer définitivement le pouvoir franc. Il demanda au pape Zacharie si un tel changement de dynastie était possible; le pape répondit qu'"il était mieux d'appeler roi celui qui détenait le pouvoir que celui qui était encore roi sans avoir le pouvoir royal". Pépin le Bref fut proclamé roi en 751 et sacré par le pape même, s'appropriant un vieux rite hébreu déjà repris par les Wisigoths. Les Carolingiens renouaient ainsi avec l'alliance privilégiée de Clovis et de l'Eglise; ils protégeaient aussi les missions sur leurs terres. C'était les débuts officiels de la dynastie carolingienne. On ne sait pas encore pourquoi la cérémonie qui, en présence du pape, officialisa le changement de dynastie, eut lieu à l'abbaye de St-Denis, en terre neustrienne. Depuis, les Carolingiens allaient approfondir -pour le pire ou le meilleur- cette alliance avec Rome, jusqu'à la restauration de l'Empire en l'an 800, laquelle union allait servir l'unification de l'Europe. Alors que les Mérovingiens pouvaient encore être en contact avec Byzance et restaient centrés sur la Méditerranée, les Carolingiens sont germaniques et nordiques. La "France", d'une façon générale, pendant le haut Moyen Age, restera attachée à la tradition romaine mais se mettra davantage qu'ailleurs en Europe à l'écoute des besoins nouveaux, ainsi ceux des pélerinages

Website Manager: G. Guichard, site Learning and Knowledge In the Carolingian Times / Erudition et savoir à l'époque carolingienne, http://schoolsempire.6te.net. Page Editor: G. Guichard. last edited: 3/7/2016. contact us at geguicha@outlook.com