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Les écoles de l'époque carolingienne

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un érudit travaillant à l'Ecole Palatineun érudit travaillant à l'Ecole Palatine

On notera que, d'une façon générale, l'oeuvre de collecte, de copie et de diffusion des oeuvres profanes et religieuses par l'Ecole palatine contribua grandement à la mise en relation des différentes écoles monastiques et cathédrales de l'Empire carolingien. Il semble cependant que cette impulsion était nécessairement centralisée, le mouvement se faisant des écoles locales vers la cour et inversement, même si, dans certains cas, la proximité des abbés de grandes abbayes de l'Empire d'avec le milieu des érudits de la cour -ainsi à Lorsch, par exemple- dut tendre à rendre ces échanges plus égalitaires. Des relations plus "horizontales" semblent avoir également existé. Il semble en effet que les clercs de l'époque n'hésitaient pas à pratiquer des "voyages d'étude" -pour aller consulter, plus ou moins loin, pour leurs travaux, les manuscrits d'une autre école- ou à se faire prêter ces manuscrits. Une autre cause de relations -plus localisées- entre écoles monastiques pouvait aussi tenir au rôle important, en matière ecclésiale, d'un prélat qui, par exemple, avait pour charge de redonner un rôle à divers monastères de son évêché -ainsi Etienne à Liège, vers 900. Des relations proches ou plus lointaines pouvaient être dues aussi, pour une grande part, aux relations maintenues entre maîtres et élèves voire condisciples. D'autres causes peuvent avoir aussi joué. Enfin, le fait que Charlemagne a continué la politique des premiers Carolingiens de placer des Austrasiens dans les différents territoires du royaume et de l'Empire fit que l'on verrra souvent des liens de longue durée entre ceux-ci. Ainsi, entre la Gaule et l'"Allemagne", par exemple. Au IXème siècle, certains évêques, qui avaient été moines et étudié dans les écoles monastiques, avaient fait passer le goût pour l'étude du cloître à la cathédrale. Enfin, au Xème siècle, la réputation des écoles de la Francia occidentalis puis royaume de France attira des élèves depuis les pays étrangers: les Anglais envoyaient leurs enfants à Lyon selon une coutume déjà ancienne au XIème siècle. Les étrangers voulaient aussi avoir les plus habiles maîtres du royaume: les Anglais attirèrent Abbon de Fleury, les princes de Germanie Rathier et Gerbert (dans chaque catégorie, écoles par ordre alphabétique du nom du lieu, de la ville ou du diocèse; le fait qu'une école ne soit pas ou plus mentionnée pour tel siècle peut ne tenir qu'aux sources utilisées ou aussi au fait que certaines sources, écrites d'un point de vue national, ne prennent pas en compte des lieux considérés étrangeres. NB: cette page ne doit pas être considérée comme terminée; les notices peuvent être augmentées ou de nouvelles notices être créées; des écoles, par ailleurs, ont été installées dans une période chronologique donnée alors que des données nouvelles pourront les installer dans une autre)

---- ATTENTION! cette page a subi une mise à jour majeure! L'ancienne carte des écoles sera remplacée par une nouvelle ----

Ecoles dont on sait qu'elles existent mais pour lesquelles on ne possède pas de données

Celle (Allemagne, Basse-Saxe)
Chartres (France)
Fécamp (France)
Petersburg (Allemagne?)
Rheinau (Suisse)
Rouen (France)
St-Laurent (Belgique?)
St-Quentin (France)
Soissons (France)
Solenhaufen (Allemagne?)

Ecoles n'ayant existé qu'au VIIIème siècle

L'Isle-Barbe
-pas de détails-
Medeloc (diocès de Trèves)
l'école servait de séminaire au VIIIème siècle et plusieurs archevêques de ce siège important y furent formés (Richbode, Wason ou Wison, Hette, Amalaire (ce dernier y perfectionna la formation qu'il avait d'abord suivie à St-Martin-de-Tours)
Vieux-Moutier (St-Michel-en-Lorraine)
comme St-Gall, elle ne se distingue guère au début de la Renaissance mais devient vite une école prééminente. Smaragde y enseigne
St-Vandrille
près de Rouen (pas d'autres détails)
Utrecht
Utrecht devint le siège d'un évêché fondé par St Willibrord en 695, lorsqu'il évangélisait les Frisons. St Willibrord fonda également une école épiscopale qui devint un important centre d'éducation pour la partie septentrionale du royaume franc. St Grégoire, disciple de St Boniface, enseigna des élèves de toutes les nations (France, Angleterre, Frise, Saxe, Suèves, Bavière). Ces disciples étendirent la foi en Saxe, Frise et Westphalie. Au nombre des élèves de St Grégoire on trouve St Marchelme (ou St Marcellin), prêtre

Ecoles ayant existé aux VIIIème et IXème siècles

Aniane
peu nommée au VIIIème siècle, elle fut cependant aussi très célèbre avant la fin du VIIIème siècle. L'école monastique sert autant aux clercs qu'aux moines. Le monastère a été fondé par St Benoît d'Aniane et il y avait amassé une nombreuse bibliothèque et établi divers habiles maîtres (qu'il avait peut-être formé lui-même). Benoît avait été instruit à l'Ecole du Palais et il en avait une grande connaissance des lettres. Les maîtres d'Aniane enseignent le chant, la lecture, la grammaire, la théologie (qui explique l'Ecriture Sainte). Plusieurs de leurs disciples devinrent évêques et un plus grand nombre encore, à leur tour, rétablirent les études dans les monastères de France, d'Italie et d'Allemagne, lieu où s'étend, au début du IXème siècle, la réforme d'Aniane. Au IXème siècle, Aniane semble s'être mieux perpétuée que Tours, du moins tant que St Ardon Smaragde (divers ouvrages), disciple de St Benoît d'Aniane, y enseigna. Elle n'est plus mentionnée au Xème siècle
Flavigny (France, Bourgogne)
abbaye bénédictine fondée, sous le vocable de St Prix, évêque de Clermont, en 719-722 par une donation de Wideradus (Guiré), noble burgonde -qui était déjà abbé à titre de précaire d'Alise, de la basilique St-Andoche de Saulieu et de celle de St-Ferréol de Besançon. Dès le début, l'abbaye devient un haut lieu de culture notamment par son scriptorium qui produit quelques-uns des plus beaux manuscrits du VIIIème siècle. Ce sera aussi à Flavigny, au milieu du déclin de l'époque, que seront augmentés et mis au point les livres liturgiques envoyés de Rome à la demande de Pépin le Bref. Au-delà de la richesse de l'ornementation, apparaît une écriture nette, que l'on appelle "écriture de Bourgogne". Guérin, comte de Mâcon et premier entre les Grands de Bourgogne, s'intitule "recteur de Flavigny" vers 835, signe qu'il règne aussi sur l'Auxois. L'abbé Egilon, au IXème siècle, en 865, prenant prétexte des menaces normandes, fait chercher dans le village proche d'Alise les restes de Ste Reine, martyre de la fin de l'époque romaine, et les abrite dans une nouvelle abbatiale. Cette nouvelle église est bâtie selon le modèle de St Germain d'Auxerre (Flavigny, à cette époque, est en relations étroites avec l'école d'Auxerre et avec le pouvoir impérial). Le pape Jean VIII vient la consacrer au printemps 878 (il reçut 8 livres d'anis -l'abbaye St-Pierre produisait sans doute déjà des dragées à l'anis, ancêtres des bonbons modernes- mais, dans une lettre, il se plaignit qu'on lui avait volé sa petite coupe d'argent). Flavigny, qui trouve son origine de Flavinius, légionnaire romain qui fut doté d'une terre après la guerre des Gaules, conserve encore sa crypte carolingienne. Flavigny possédait, en contrebas, un des plus anciens vignobles de France (il aurait existé dès l'époque d'Alésia); Charlemagne aurait dégusté, en 741, une bouteille de Flavigny. La petite ville, de nos jours, contient encore la crypte carolingienne de l'abbaye -crypte de Ste-Reine- à deux niveaux, dont les parties les plus anciennes datent du VIIIème siècle. On ne sait pas si l'école existait encore au Xème siècle
Fontenelle
son école, importante, était tombée en décadence à l'époque des maires du Palais. Elle retrouva son lustre sous Gervolde (évêque d'Evreux devenu moine puis abbé de l'abbaye) avant la fin du VIIIème siècle. Excellent connaisseur du chant grégorien, il l'enseigne. Parmi ses élèves, Hardouin excelle dans l'arithmétique et l'art de bien écrire et qui forme à ces mêmes arts plusieurs élèves et laisse un grand nombre d'ouvrages; ceux-ci viennent augmenter la bibliothèque déjà considérable par ses dons de copiste et à laquelle ajoutent Wandont et Gervolde, abbés. Eginhard et Ansegise (élè de l'école, fort versé dans les sciences sacrées et profanes) leur succèdent et continuent d'augmenter la bibliothèque. Au IXème siècle, Hardouin, qui illustrait l'école à la fin du VIIIème siècle par sa science en arithmétique et son habileté à bien écrire, continua jusqu'en 811. Benoît devint maître de l'école quelque temps après et il y enseigna "les plus hautes sciences" (il fut ensuite abbé de St-Pierre, aujourd'hui St-Maur-des-Fossés, près de Paris). Fontenelle donna aussi quelques autres écrivains. Fontenelle n'est plus mentionnée au Xème siècle
Fulda
Une école dès le temps de St Boniface, au VIIIème siècle. Raban devient le maître de l'école et il a Samuel, son condisciple à Tours, comme collègue L'école devient célèbre dès le début du IXème siècle; on y vient de Germanie ou des Gaules et il en sort des docteurs pour toute la Chrétienté. Fulda, de plus, engendra beaucoup d'autres écoles, ainsi celle de Mayence. Raban Maur et Samuel, disciples d'Alcuin à Tours y avaient fait passer le goût pour les sciences et Fulda devint un des plus célèbres monastères d'Occident. Sous Raban, il y avait 270 moines à l'abbaye et 12 d'entre eux, les plus savants, étaient préposés pour enseigner aux autres les sciences d'Eglise et profanes (si ces dernières étaient en rapport avec les premières); des ces maîtres de l'école (ou "modérateurs"), si l'un venait à manquer (mort ou départ pour un autre monastère) il était aussitôt remplacé par un autre des plus habiles moines. La piété, à Fulda, allait de pair avec la science ce qui porta plusieurs églises, même éloignées, à venir y choisir des évêques, ainsi Freculfe, évêque de Lisieus ou Thibauld, évêque de Cluse et beaucoup d'autres. La bibliothèque, sous Raban, était riche pour l'époque. Raban, devenu abbé de Fulda, voulut cependant y continuer ses explications des Ecritures. Il eut un nombre très important de disciples illustres: Walafried Strabon, Loup de Ferrières, Rudofle, Otfride. Au IXème siècle, quand Raban Maur cessa d'être le maître de l'école, ce fut le moine Candide qui le fut, puis Rudolfe, élève même de Raban (il en a écrit la vie; "toute la Germanie regardait ce nouveau modérateur comme un excellent maître en histoire, en poétique et en tous les autres arts libéraux). Vint ensuite Bernward, érudit dans toutes sortes de connaissance, qui dirige pendant 14 ans. Aussi, sous tant de remarquable écolâtres, Fulda ne cessa pas, pendant tout le IXème siècle, de produire de grands érudits: Ermenric, abbé d'Elwangen (écrit en vers et en prose), Werembert (un des érudits du temps, retiré à St-Gall où il enseigna), Helperic (ensuite à St-Gall aussi). Gerhoh, prêtre, eut quelque temps l'inspection de la bibliothèque au IXème siècle. Fulda n'est plus mentionnée au Xème siècle
Hersfeld (ou Hirsfel; en Hesse)
au confluent de la Geisa et de la Fulda, abbaye impériale bénédictine, elle relevait du diocèse de Mayence. Lul, archevêque de Mayence, disciple de St Boniface, fonde l'abbaye en 769 car il ne peut s'assujetir celle de Fulda (une abbaye immune depuis 751); le lieu avait déjà été repéré par Sturmius mais jugé trop près des Saxons). Hirsfeld devient rapidement une des abbayes les plus prospères de Germanie. Elle fut largement dotée par Charlemagne, avec privilèges et possessionée aussi en Hesse et en Thuringe. Sa notoriété s'accrut lorsqu'elle reçut les reliques de St Wigbert, abbé de Fritzlar (?) puis celle de Lul même. Une imposante église abbatiale fut construite en 850. Peu mentionnée au VIIIème siècle, Haimon, au IXème, en fut abbé avant d'être évêque d'Halberstat et sans doute y communiqua pour les études le goût qu'il avait apporté de Fulda. Hirsfeld fut très vite renommée pour son observance de la règle bénédictine ainsi que pour sa vie intellectuelle (l'abbaye a commencé les Annales Hersfeldienses). Elle possède une école monastique, qui est mentionnée par Loup de Ferrières dans la Vita S. Wigberti et elle atteindra son apogée sous l'abbé Gosbert; elle restera très active ensuite. On y trouvait de précieux manuscrits. Une forme de relâchement a lieu sous l'abbé Bernard, à la fin du Xème siècle, qui se comporte en féodal mais elle connaîtra aussi des périodes de redressement. Hersfeld n'est plus mentionnée au Xème siècle
Hirsauge (ou Hirschau, diocèse de Spire)
elle est l'autre endroit, avec Reichenau et St-Germain-d'Auxerre, où passent les sciences après Fulda. Peu mentionnée au VIIIème siècle, on ne la donne pour fondé qu'en 838. Auparavant, Noting, évêque de Verceil, apporta en 830 les reliques de St Aurelius (mort à Milan en 475); il était le parent d'Erlafried, comte de Cawl. Il y fonda une chapelle et aussi une église dédiée à St Nazaire. On prit 15 moines de Fulda pour le peupler et plusieurs furent des érudits: Liutbert (1er abbé, de moeurs régulières, y donna les premières leçons, composa un commentaire sur le Cantique des Cantiques), Gerungue (lui succède, érudit), Hildulfe et Ruthard qui prirent en charge successivement la direction de l'école ont écrit divers ouvrages. Comme la charge de maître d'école n'était pas compatible avec la dignité d'abbé, Liutbert transmit la charge à Hildulfe, qui le resta jusqu'à sa mort en 859 (dès 852, il écrivit, pour les élèves un traité sur le calcul ecclésiastique). Ruthard, très loué instruisit dans toutes sortes de connaissances quantité de disciples et sa réputation y attira un grand nombre de jeunes laïcs. Ce fut sous lui aussi que se forma le moine Helfride (plusieurs ouvrages très utiles). Richbodon, à sa mort en 865, lui succèda pour 24 ans. Vint alors Harderard en 889, pendant 2 ans puis il fut abbé et Luthelme devint maître de l'école, un érudit avec beaucoup de savoir. Même à la fin du IXème siècle, alors que les études tombaient ailleurs, plusieurs hommes de lettres se voyaient encore à Hirsauge: Rudolfe (commentaire sur Tobie en 888), Herderic (hymnes en honneur des saints, recueil d'épigrammes et autres poésies, traité sur la musique), Sigismond, Cunzigon tous deux forts érudits (le premier devint évêque d'Halberstat, le second abbé de St-Nazaire près de Worms). Hirsauge n'est plus mentionnée au Xème siècle. On sait seulement qu'en 988, l'abbaye est ravagée par la peste et la famine; des dissensions, de plus, avaient affecté l'abbaye. Celle-ci, en 1001, passera au comte de Cawl
Lorsch (Allemagne, près de Worms)
située à 16 km à l'Est de Worms, l'abbaye de Lorsch fut fondée en 764 par le comte Cancor -d'une veille famille franque de Neustrie dont la ligne se perpétua jusqu'aux Robertiens qui fondèrent les premiers Capétiens- et sa mère, Williswinde, qui était devenue veuve. Ils firent construire un monastère et une église -tous les deux en bois- sur leur domaine de Laurissa (d'où Lauresham, puis Lorsch), qu'ils confièrent aux soins de Chrodegang, évêque de Metz et parent du comte et de sa mère. Celui-ci dédia les deux bâtiments à St Pierre Apôtre et en devint le premier abbé jusqu'en 766. Chrodegang était un familier de Pépin le Bref et l'un des plus importants responsables de la réorganisation de l'Eglise franque. L'abbaye, entre-temps, avait encore été augmentée, par les fondateurs, de donations supplémentaires. Gundeland, frère de Chrodegang et 14 moines bénédictins venus avec lui de Görze prirent la suite en 766. Les reliques de St Nazaire -un martyr de l'époque de Dioclétien- avaient, depuis juillet 765, été envoyées à l'abbaye par le pape Paul Ier, Lorsch devenant la première abbaye du monde franc à recevoir les reliques d'un saint romain. L'abbaye devint ainsi un centre de pélerinage. L'abbaye et l'église -qui était devenue basilique- furent renommées en l'honneur de St Nazaire. Les miracles opérés par les reliques du saint augmentèrent la renommée de l'abbaye et son école devint un centre d'érudition et de culture, l'abbaye devenant l'une des plus importantes de l'Empire, tant sur le plan spirituel que sur le plan culturel. Elle possédait l'une des plus importantes bibliothèques de l'Empire franc. Ce fut Richbod, le quatrième abbé, qui développa, à partir de vers 775, le scriptorium, puis l'école monastique. Richbod, sous le nom de 'Macharius', appartenait au cercle des érudits de la cour, autour d'Alcuin et Charlemagne et il avait été formé par Alcuin. En tant que membre du cercle des élites du royaume, Richbod vit ainsi l'abbaye de Lorsh prendre non seulement une part importante dans l'oeuvre de collecte, copie et diffusion des ouvrages anciens, laïcs et ecclésiastiques mais aussi dans la réforme de l'enseignement dans le royaume voulue par Alcuin. Les nombreuses possessions de Lorsch s'étendaient de la mer du Nord à la Suisse. Lorsch, aujourd'hui, est célèbre pour son entrée-porche, un des restes de l'abbaye -dite aussi la "Königshalle". C'est l'un des restes architecturaux pré-romans les plus importants d'Allemagne. Lorsch, par une requête du fils du fondateur à Charlemagne, était devenue immédiate à l'empire et avec immunité, la plaçant ainsi hors des prétentions des féodaux locaux. L'abbaye, comme les autres abbayes de l'empire, devait l'ost et devait se préoccuper de coloniser les terres avoisinantes. Selon un schéma qui dut être habituel, l'abbaye de Lorsch commença d'être une fondation privée pour devenir une abbaye de l'empire. Les moines n'y priaient plus seulement pour les fondateurs mais aussi pour l'empereur et l'Empire. Depuis 774, par ailleurs, une résidence royale avait été bâtie à Lorsch; elle fut fréquentée par Charlemagne puis Louis le Germanique
Nouvelle Corbie ou Corvey (Saxe, près de Paderborn)
peu mentionnée au VIIIème siècle, elle est établie, en Saxe, par des moines venus de Corbie peu après la mort de Charlemagne, en 822 avec l'appui de Louis le Pieux, Adalhard étant le 9ème abbé. L'école est ouverte dès l'année suivante. C'est là que Widukind écrivit son Histoire des Saxons. L'école de l'abbaye est florissante dès ses débuts et elle allait produire de nombreux érudits célèbres; St Anskar en est le premier directeur. Les lettres sont étudiées avec un tel succès qu'elles se répandent très vite dans toute la Saxe. L'abbaye saxonne, au IXème siècle, continue surtout l'oeuvre missionnaire au Nord de Corbie (ainsi que chez les Saxons, sa fonction d'origine), ce qui est normal puisqu'elle est est la fille. Elle est un séminaire pour les missions et il en sortit beaucoup de docteurs et d'évêques. Gérolde, diacre et chapelain de Louis le Pieux s'y retire pour se consacrer à Dieu et il y est d'un grand secours pour l'avancement des études; il était versé dans toutes les sciences et il apporta sa considérable bibliothèque. Sous Warin, premier abbé, qui gouverne jusqu'en 856 à sa mort, il y a 180 moines dont 7 préposés à l'enseignement. Tous devinrent par la suite illustres dans l'Eglise: Nithard souffrit le martyr en Suède et les 6 autres devinrent évêques; Adalgaire et Hoger de Brême et Hambourg, Haltfrede d'Hildesheim, Tiagrin d'Halberstat. Witmar et Gislemar, aussi maîtres de l'école, qui étaient venus de l'ancienne Corbie, devinrent aussi évêques, le premier de Suède, l'autre du Danemark. Helocon, autre maître de l'école, fut choisi avec Ailbolde pour évangéliser les Normands. La Nouvelle Corbie conserve longtemps son rayonnement: encore à la fin du IXème siècle, sous Bovon, mort en 890, les études y étaient aussi florissantes que partout ailleurs dans l'Allemagne et, comme avant, il en sortit de grands hommes d'Eglise ou des lettres: en 883, Wigbert devint évêque d'Hildesheim, en 889 Evilpe devint celui d'Halberstat. Wimon était alors aussi connu pour sa doctrine. Solace en sortit pour aller évangéliser les "Normands ou Danois"; Addaston, très savant moine, auteur en 901 d'un commentaire sur le Prophète Daniel, venait de l'école de la Nouvelle Corbie; deux élèves écrivent l'une la vie de St Rembert vers 888, l'autre la relation des reliques envoyées par l'abbaye à St-Denis en France; un autre, Agius, écrit. La Nouvelle Corbie n'est plus mentionnée au Xème siècle
Pavie (Italie)
en tant que capitale du royaume lombard, eut toujours des "écoles de grammaire". Ces écoles étaient réputées à l'époque de Charlemagne, qui y prit le grammarien Pierre de Pise. Lothaire finit par y créer une école "centrale" -une Ecole palatine- en 825, dirigée par l'Irlandais Dungal. Pavie était restée capitale du royaume d'Italie après la défaite des Lombards
Prom (ou Prüm, diocèse de Trèves)
peu mentionnée au VIIIème siècle. Elle fut fondée par Pépin le Bref à l'instigation de la reine Berthe qui voulait en faire un centre de diffusion de la culture franque en Germanie. Les écoles, au IXème siècle, n'y étaient pas moins brillantes qu'à Reichenau sous l'abbé Marcuard (après 850). Grerungue, qui avait été Chambellan de l'Empereur, Nithard "célèbre dans Loup de Ferrières" (qui n'est pas l'historien du même nom), Ansbald, Egile, Wandalbert (martyrologe en vers) faisaient la réputation de l'école. La réputation de Marcuard et son goût pour les "bonnes études" y attirèrent plusieurs personnages de mérite distingué en belles lettres et science ecclésiastique: Adon (devenu archevêque de Vienne), Réginon (ensuite abbé de Prom, y étant une des plus grandes lumières de la fin du IXème siècle et commencement du Xème). Prom n'est plus mentionnée au Xème siècle
Reichenau
elle est l'endroit où passent les sciences après Fulda; abbaye bénédictine, elle fut fondée par St Permin sur une petite île du lac de Constance (entre les actuelles Allemagne et Suisse), sur la suggestion de Charles Martel. Elle devint une abbaye importante bien avant que St-Gall n'atteigne son plein développement. Reichenau était située sur les routes des pélerins et des voyageurs vers l'Italie et des Irlandais, des Italiens et même des Grecs apportèrent des reliques, ainsi une croix avec du sang du Christ dont on dit qu'elle avait été donnée par un Arabe à Charlemagne et qu'elle aurait été ensuite confiée à l'abbaye en 925; ou les reliques de St Marc apportée de Venise en 830. Une école existait plusieurs années avant la fin du VIIIème siècle. Hetton, par exemple, abbé du monastère, évêque de Bâle et ambassadeur de Charlemagne à Constantinople, y avait été écolier depuis l'âge de 5 ans sous un Irlandais (peut-être Clément). A ce Clément succèdèrent comme maîtres de l'école: Herlebalde, Tacens, Talton, Wetin, Walafride Strabon. Ce dernier donne un nouvel éclat à Reichenau et il forme plusieurs disciples importants; avec Hatto et d'autres, ils formèrent la bibliothèque de l'abbaye et son école de peintres. Au IXème siècle, il en sort un grand nombre d'écrivains, signe que les lettres y étaient beaucoup cultivées. Walafried Strabon, d'abord maître de l'école en devient abbé. Lorsqu'il était maître de l'école, les études deviennent florissantes et la bibliothèque était fournie de tous les livres nécessaires (la bibliothèque avait été formée, dès qu'il avait travaillé à renouveler les études, par Waldon, abbé pendant 20 ans du monastère, puis celui de St-Denis en 806 et qui avait préféré resté abbé que devenir évêque de Bâle ou Pavie; elle fut considérablement augmentée par Regimbert, moine et bibliothécaire, qui était un très bon copiste sous Waldon et ses 3 successeurs (il donna aussi plusieurs extraits des écrits des Pères et, en tête des ouvrages qu'il copiait, il mettait ordinairement un épigramme en 12 grands vers) et les livres qui furent copiés à Reichenau au IXème siècle auraient, par ailleurs, suffi pour former une bibliothèque "raisonnable"). On avait un goût particulier pour la poésie; aux lettres, on ajouta les beaux-arts: il y avait surtout d'excellents peintres dont quelques-uns furent appelés à St-Gall pour décorer la maison abbatiale élevée pour l'abbé Grimald. Vinrent, au IXème siècle, comme maîtres de l'école: Buntwide (quelques ouvrages), Ermenric (ouvrages), Meginard (d'une illustre famille et honoré comme martyr, il avait brillé par son esprit et son application à l'étude sous Erlebalde). Kerard, qui ne fut pas écolâtre de l'école, il composa pour les étudiants un recueil de synonymes. Les petits monastères qui dépendaient de Reichenau (ainsi Pollingen, près du lac de Zürich, où un moine était préposé pour enseigner). Furent élèves de Reichenau Wichingue, un des apôtres de la Moravie puis évêque de Neytracht en haute Hongrie à la fin du IXème siècle; Gothescalc; Cadolte, évêque de Novare, frère de Lintward, évêque de Vercelli et archichancelier de l'Empire. Reichenau n'est plus mentionnée au Xème siècle mais elle joua cependant un rôle fondamental dans la renaissance ottonienne, en termes d'enluminures et de manuscrits. L'empereur Charles le Gros est enterré à Reichenau
St-Bertin (ou Sithiu)
peu mentionnée au VIIIème siècle, Hucbalde (d'Elnone) y fut appelé au IXème siècle par l'abbé Rodulfe pour diriger l'école. Depuis que le roi Alfred d'Angleterre y avait pris Grimbalde et quelques autres pour rétablir les lettres dans son royaume, le monastère se trouvait dépourvu de moines érudits capables d'enseigner les autres. Auparavant, par contre, les lettres n'avaient pas cessé: Gontbert, fils d'un grand seigneur et moine en avait été longtemps, par exemple, l'ornement par son savoir et sa belle écriture (un traité sur le calcul ecclésiastique; par son travail de copiste, il renouvela les livres de la bibliothèque; copia trois antiphonaires pour trois églises dont l'un en lettres d'or). St-Bertin n'est plus mentionnée au Xème siècle
St-Riquier-en-Ponthieu ou Centule (France, Picardie)
peu mentionnée au VIIIème siècle, elle était depuis longtemps le monastère où étaient élevés les enfants des rois, ducs et comtes (Jérémie devenu archevêque de Sens et Nithard, l'historien en firent partie, par exemple). Angilbert, abbé à partir de 798 renouvelle le monastère et les lettres y fleurissent particulièrement. Angilbert, avec 200 volumes, crée le fond de la "curieuse et riche" bibliothèque (le catalogue en a été conservé par le moine Hariulfe). Angilbert est l'élève et l'ami d'Alcuin et il est ambassadeur auprès du pape Hadrien Ier puis Léon III. Il est aussi le compagnon de Berthe, l'une des filles de l'empereur. Après avoir été grande au VIIIème siècle, l'école reçut un nouveau lustre au IXème siècle, du soin qu'en prit le diacre Michon, moine (divers ouvrages en vers et en prose). Elle n'est plus mentionnée au Xème siècle
Wissembourg (Alsace)
peu mentionnée au VIIIème siècle, Otgaire, au IXème siècle, fut abbé puis archevêque de Mayence; il avait beaucoup de zèle pour la littérature sacrée et il communiqua sans doute le goût pour les études au lieu. En tout cas, il est certain, qu'à la fin du IXème siècle, l'école du monastère était florissante sous le savant moine Otfride qui brillait par sa doctrine et ses écrits. L'école donna alors un évêque à Spire: Amalric. Elle n'est plus mentionnée au Xème siècle

Ecoles ayant existé du VIIIème au Xème siècle

Bobbio (Italie, près de Gênes)
Bobbio fut fondé en tant que monastère en 614 par St Colomban. Elle devint un centre de transition vers le catholicisme pour les Lombards et fut très rapidement un centre important de culture. La bibliothèque de Bobbio commença avec les manuscrits que Colomban avait apportés d'Irlande et avec les traités du saint et put se maintenir à travers divers troubles qui ne se calmèrent qu'à l'époque de Charlemagne. La bibliothèque fut augmentée du don que fit St Dungal de sa bibliothèque de 70 volumes. St Dungal était l'un de ces Irlandais qui avaient toujours eu de l'affection pour cette abbaye fondée par l'un des leurs et qui venaient s'y installer
Corbie (diocèse d'Amiens)
abbaye bénédictine, fondée entre 657 et 661 comme abbaye royale, Corbie devient le plus important monastère du Nord de la Gaule et, sous Charlemagne, elle devient un foyer d'étude remarquable, sous l'abbé St Adelhard. L'abbaye, sous Maurdramne (772-781) joue un rôle important dans la naissance et la mise au point de la caroline. Au VIIIème siècle, Adalhard, abbé, se préoccupa de rassembler les livres des Anciens qu'il fait parfois venir d'Italie. En sortent de grands érudits au début du IXème siècle: Paschase Radbert, Adalhard le Jeune, Hildemanne (évêque de Beauvais), Odon (idem), Warin (abbé de la Nouvelle Corbie), St Anskar (l'apôtre des peuples du Nord, archevêque de Hambourg), Witmar, ainsi que beaucoup d'autres par la suite. Corbie est une des plus florissantes écoles du IXème siècle dans tout l'Empire. Il en sortit un très grand nombre de grands hommes: Paschase Radbert, Anscaire, Ratramne, Chrestien Druthmar. Dirigée par Pascase et Anscaire, elle passe en 826 sous la direction de Macaire; il est Irlandais ("Hibernois") mais il n'y défend pas toujours leur "manière solide d'enseigner" et il sème dans l'enseignement quelques subtilités philosophiques (qui sont assez ordinaires aux Irlandais) ce qui mènera un moine anonyme de Corbie d'épouser "des sentiments forts singuliers". Mais surtout Corbie forme alors d'habiles missionnaires qui vont porter l'Evangile et la culture au Danemark, en Suède et ailleurs (Anskar et Aubert, qui rejetés du Danemark, s'arrêtent en Frise; puis Anskar repart en Suède avec Vitmar, aussi tiré de Corbie; Anskar fut poursuivi par Gislemar aussi de Corbie; rôle aussi d'Ebbon, archevêque de Reims qui avait évangélisé au Danemark). Source de tant d'écrivains et autres érudits au IXème siècle, elle se soutint encore au Xème. Même si on n'y publiait pas de nouveaux ouvrages, on y copiait ceux de l'Antiquité. Ratold, abbé en 945, fit faire le manuscrit du Sacramentaire du pape St Grégoire. Walbert, évêque de Noyon en 920, Ingelrand (ou Enguerrand), évêque de Cambrai en 957, des érudits tant en science sacrée que profane, y avaient été élevés. Ingelard, encore étudiant, en fut tiré en 981 pour devenir abbé de St-Riquier. St Ethelvold, abbé en Angleterre fit venir de Corbie des moines habiles en lettres et chant ecclésiastique pour y enseigner ses moines dans les deux matières
Echternach (Allemagne)
possédait un scriptorium qui, dès le VIIIème siècle, produisait des manuscrits liturgiques et avait une vie intellectuelle intense
Ferrières-en-Gâtinais
au VIIIème siècle, dès avant la mort d'Alcuin, Sigulfe, un de ses élèves, devient maître de l'école. Elève d'York, il était allé à Rome et Metz pour se perfectionner dans les études ecclésiastiques. Au IXème siècle, peu éloignée de Fleury, elle était beaucoup plus florissante;. St-Martin-de-Tours était ainsi la mère de Ferrières. Loup, abbé du monastère, sorti de Fulda, commença par être maître de l'école (de tout le IXème siècle, il était l'érudit qui maîtrisait le mieux les lettres; il était fort versé dans la théologie; aux leçons sur les lettres, il joignait toujours des instructions de piété chrétienne). Loup porta les études à un tel niveau que lui et les moines qu'il dirigeait, "se signalèrent entre tous les gens de lettres de leur temps". Loup, "savant abbé", faisait aussi rechercher les livres qu'il lui manquait à la bibliothèque car il voulait l'enrichir de tous les bons livres de l'antiquité ecclésiastique et profane; il envoya même plusieurs fois en chercher à Rome, d'où il fit rapporter l'histoire de Salluste, la plupart des ouvrages de Cicéron, Quintilien, et le commentaire de Donat sur Térence. Au Xème siècle, on voyait encore quelques légers vestiges des leçons que Loup y avait données. Ecfride, moine laissait un poème manuscrit sur Grégoire le Grand (il connaissait Walon ou Galon, évêque de Troyes)
Gorze (diocèse de Metz)
existe, mais sans relief, aux VIIIème et IXème siècles. Au Xème siècle, Blidulfe qui passa quelques années comme archidiacre de l'Eglise de Metz, se retira à Gorze. L'abbaye fut réformée en 933 et il y apporta la façon ("doctrine") de l'école de Reims sous Rémi d'Auxerre (Blidulfe avait beaucoup de délicatesse d'esprit et passait pour le plus savant homme d'alors à Metz). D'autres érudits arrivèrent peu après, y formant une société autant savante que pieuse: Einolde, premier archidiacre de l'Eglise de Toul (réputation d'être versé dans les lettres divines et profanes; il fut le premier abbé après la réforme de l'abbaye), Anstée (autre archidiacre de Metz; naturellement fort éloquent et s'était particulièrement appliqué aux Saintes Ecritures mais sans négliger les arts libéraux), Jean de Vendière (devint très illustre par la suite, abbé après Einolde; il avait fait ses études à St-Mihiel en Lorraine sous le grammairien Hildebolde (mal nommé pour IXème siècle Heribalde), autre disciple de Rémi d'Auxerre; puis il étudia un peu de rhétorique et le comput à l'école de Toul et, ailleurs, l'Ecriture sainte, les canons et les lois civiles; une fois retiré à Gorze, il s'appliqua sérieusement à l'étude des Pères, de la liturgie, de la "science des temps", de l'histoire ecclésiastique, des "Catégories", de l'introduction de Porphire et de toute la dialectique; dans le même temps, il était le célérier de l'abbaye). Ce furent les "premiers solitaires" à peupler le "désert de Gorze" et leur exemple y attira bientôt de nombreux autres dont des évêques. On forma une école pour l'étude des "hautes sciences" mais on y instruisait aussi les enfants. L'année 955 permit qu'on vit l'estime qu'on avait du savoir des solitaires du lieu et la solidité de leur érudition: Abderrhamane, "prince" des Arabes d'Espagne envoya des lettres injurieuses pour la religion à l'empereur Otton alors même qu'il en recherchait l'amitié; on décida de lui envoyer des érudits pour ajouter par oral aux écrits en retour et, ainsi, de le convertir. On se tourna finalement vers les érudits de Gorze suivant l'avis d'Adalbéron évêque de Metz et l'abbé donna Jean de Vendière (qui se signala dans l'ambassade) et le diacre Garamanne (secrétaire de celle-ci; il était bien propre à cette fonction car il écrivait habilement et avec rapidité). La réputation de Gorze continua et elle vint jusqu'au pape Agapit qui tira des moines de l'abbaye pour réformer le monastère St-Paul (ce fut le moine André, déjà âgé, qui partit). Il est, finalement, difficile, de faire l'énumération de tous les grands hommes qui sortirent de Gorze: Adalbéron, archevêque de Reims, Rothard, évêque de Cambrai, Odilon (d'une famille illustre, restaurateur et abbé de Stavelot), Humbert, restaurateur de St-Evre à Toul, Guibert Ier, fondateur de l'abbaye de Gembloux, St Macalene abbé de Wassor puis de St-Michel-en-Thiérarche, Frédéric, oncle paternel d'Adalbéron évêque de Metz et ensuite abbé de St-Hubert, Rambert, enfin, abbé de Senone
Luxeuil
au VIIIème siècle, les lettres y sont cultivées avec autant de succès et d'ardeur qu'ailleurs sous Mellin (ou Mellic), maître de l'école et on parlera, par la suite, d'une "école si brillante autrefois". Mellin continue d'y enseigner au début du IXème siècle et Angelome, un de ses élèves, après avoir perfectionna ses études à l'Ecole du Palais fit quelque figure à l'époque entre les érudit. Effacée pendant ce si&ecle puis Constance, maître de l'école mort au début du XIème siècle, fait juger que l'école était fort célèbre à la fin du Xème. On y venait de Besançon, Lyon, Châlons, Mâcon, Langres, Strasbourg pour prendre des leçons de Constance. L'établissement de l'école remonte beaucoup plus haut ou, mieux, elle ne fut point interrompue depuis que Mellin et Angelome y enseignaient avec réputation au IXème siècle. Ainsi Adson en fut tiré avant 950 pour renouveler les études à Toul et il y avait puisé les débuts de son érudition qu'on constate dans ses écrits
Lyon
au VIIIème siècle, sous l'archevêque Leidrade, l'archevêché a une école célèbre dàs la fin du VIIIème siècle: chant, sens spirituel des Evangiles et d'autres textes sacrés (y compris du livre de Job," l'un des plus difficiles de la Bible"). L'école épiscopale est la plus illustre du IXème siècle après l'Ecole du Palais. L'archevêché fut consécutivement occupé par 4 clercs érudits: Leidrade, Agobard, Amolon et Rémi. L'érudit célèbre de l'école fut le diacre Flore, connu pour ses divers écrits. Au Xème siècle, on allait aussi, de Lyon, étudier jusqu'à Luxeuil et ceci est encore plus surprenant car l'école de Lyon fut fort célèbre pendant tout le Xème siècle surtout pour la philosophie (où elle était étudiée "sérieusement"). C'est Antoine (ensuite abbé de l'Isle-Barbe, qui enseignait la philosophie avec réputation pendant les premières années du Xème siècle. St Maïeul, abbé de Cluny, fut un de ses élèves et il apprit aussi beaucoup en moeurs et doctrine. Déjà aux siècles prédédents, l'école de Lyon était nommée l'"Académie du pays au-delà de la mer" (par les Irlandais?, les Anglo-saxons?) et personne ne méritait le titre de maître (ailleurs?) s'il n'y avait pas été instruit avec soin. Encore au début du XIème siècle, St Odilon la nomme "mère et nourrice de la Philosophie". Lyon était aussi célèbre pour l'enseignement des arts libéraux. Au Xème siècle, la réputation des écoles de la Francia occidentalis puis royaume de France attira des élèves depuis les pays étrangers: les Anglais envoyaient leurs enfants à Lyon selon une coutume déjà ancienne au XIème siècle
St-Alban-de-Mayence (Mayence)
peu mentionnée au VIIIème siècle, l'école avait été créée par St Boniface et elle fut ensuite dirigée par "le docte" Lulle. Elle reprit, comme d'autres, un nouveau lustre sous Raban Maur et elle ne devint guère moins célèbre que l'école de Fulda. Les études y sont florissantes. Raban Maur, devenu archevêque de Mayence, y écrit puis les lettres y sont un peu négligées après sa mort. C'est alors l'école du monastère de St-Alban, situé dans la ville, qui reprend le flambeau et le diocèse de Mayence devient peut-être le lieu où l'on cultive la littérature avec plus de succès et, généralement, les monastères sont là où, dans le diocèse, les études sont le plus cultivées. A St-Alban sont Probe (ami et condisciple de Walafried Strabo, toujours occupé à écrire ou à la lecture de Cicéron, Virgile et des autres auteurs de la "bonne Antiquité") et Altwin, moines, le deuxième enseignant, acquièrent toutes sortes de connaissances et écrivent. Probe fut peut-être poète et Altwin, qui fut maître de l'école, avait quelquefois recours à Loup pour le consulter sur les difficultés grammaticales. Le déclin prit du temps: encore à la fin du IXème siècle, l'école était sous la direction du moine Rupert, savant en grec et latin, habile en vers et prose et qui laissa des oeuvres. Et même au début du Xème siècle, l'école était encore vigoureuse sous la direction d'Adelbéron, moine d'Hirsauge. Cependant, d'une façon générale, la réputation de Mayence n'approcha pas, de beaucoup, celle de Fulda
Orléans
elle eut peut-être une école épiscopale. Au VIIIème siècle, Charlemagne a nommé, en 798, Théodulf évêque d'Orléans qui dans les Règlements pour son diocèse demande aux clercs de s'intruire pour instruire les laïcs. Théodulf est un Wisigoth qui, depuis 780, a participé, à la cour, à la vie intellectuelle et aux grands débats théologiques. Théodulfe a également été abbé de Fleury. Il succède à Alcuin en 804. Emprisonné en 818 à Angers, où il finit ses jours, pour cause qu'il a pris le parti de Bernard d'Italie contre Louis le Pieux. L'activité du scriptorium rejette la figuration, conformément aux positions prises par Théodulfe dans la querelle de l'iconoclasme. Théodulf fit établir des écoles gratuites dans les bourgs et villages (les "petites écoles"). Il établit aussi 4 écoles "plus considérables": à Orléans même, il établit l'école cathédrale (Ste-Croix) et une à St-Aignan; une école à St-Lifard de Meung et une à Fleury ou St-Benoît-sur-Loire, 4 grandes écoles. Au IXème siècle, se poursuit l'épiscopat de Théodulf puis celui de Jonas et ils font continuer les petites écoles. Fleury (ou St-Benoît-sur-Loire) où, par un subterfuge, on amena le corps de St Benoît, qui fut dérobé au Mont Cassin: école créée par Théodulf, continue de faire honneur aux lettres pendant le IXème siècle. On cultive les lettres avec plus d'éclat et succès. Fleury continue d'être une "académie célèbre" ou venaient comme élèves les étrangers comme les Français pour apprendre toutes les sciences alors en usage. Charles le Chauve y fit un établissement et une libéralité en faveur de l'éducation des jeunes de la noblesse, ce qui contribua sans doute aussi à y soutenir les lettres (le fait est mentionné en 878 dans une bulle du pape Jean VIII qui confirme les biens du monastère). L'école des nobles s'appelait "Porta" ("porte") car elle se trouvait à la porte du monastère. L'école des nobles fut encore confirmée en octobre 900 par Charles le Simple. Sortirent de l'école, au IXème siècle, plusieurs auteurs de quelque réputation: Adrevalde, Adalbert, Alderius, Gauzbert (quelques vers), Rabingue (des notes sur St Paul). Au Xème siècle, Abbon qui avait étudié à Paris et Reims, retourna les enseigner à Fleury où il avait commencé ses études. L'école était florissante dès le IXème siècle et elle devint encore plus illustre au Xème. Ceci fut dû vraisemblablement au fait qu'Odon, abbé de Cluny, réforma le monastère en 930 (avec difficulté mais avec succès rapide et heureux) et la science y alla de pair avec la piété; sous l'abbatiat d'Odon, y vinrent de très nombreux étrangers tant laïcs que chanoines et même des évêques; il fit copier l'ouvrage de Paterius, disciple de St Grégoire le Grand, Anselle, moine, lui dédia un de ses écrits et il fut maître des écoles. La bibliothèque de Fleury devait être très riche car, selon ce qui est dit, chaque élève était obligé d'y placer 2 exemplaires de quelque ouvrage ancien et moderne; en tout cas la bibliothèque contenait de nombreux bons livres et permettait de cultiver "diverses facultés de littérature"; on y trouvait des ouvrages qui n'existent plus au XIXème siècle, ainsi le Traité de la République de Cicéron. Cette réputation acquise sous Odon, Fleury la conserva sous ses successeurs et elle devint si éclatante par la suite que les Anglais qui voulaient s'instruire de la discipline monastique la plus exacte, venaient la chercher à Fleury (qu'ils considéraient comme une "source très pure"): St Odon, archevêque de Canterbury, pour pratiquer, comme ses prédécesseurs la Règle de St Benoît, vit venir en 942 des moines de Fleury pour l'instruire et le faire moine; en 960 St Oswald (ensuite évêque de Worchester puis archevêque d'York) et quelques autres prélats animés du même esprit que St Odon, vinrent en personne à Fleury pour s'instruire sur comment on étudiait les lettres. St Oswald fut si attaché aux pratiques de Fleury qu'une fois devenu évêque, il en fit venir quelques moines pour répandre en Angleterre les lumières de la science (on lui accorda Abbon, maître de l'école et Oswald le plaça à Rampsey ou Abbon enseigna 2 ans, rendant ainsi à l'Angleterre une partie de ce qu'Alcuin, de ce monastère, avait autrefois apporté à la France). Abbon, de retour à Fleury, reprit ses études et devint vite abbé (continuant alors aussi celles-ci, ce qui lui donna encore plus d'autorité pour amener les moines aux études car il considérait que les lettres étaient utiles à la piété; en tant que maître de l'école, il enseignait tous les arts libéraux mais il donna une application particulière à la rhétorique, la dialectique, l'astronomie, la géométrie et la "connaissance des temps", augmentant ces "facultés de littérature" dans un plus grand jour qu'elles n'étaient. S'étudiaient aussi les sciences ecclésiastiques, ce qu'on vint au moment ou l'"erreur populaire" qui annonçait la fin du monde: Richard, abbé et Abbon la combattirent et réussirent à en démontrer la fausseté. On connaissait à Fleury aussi les matières liturgiques, la bonne théologie et on le vit avant la fin du Xème siècle: une dispute avait éclaté quant au jour du début de l'Avent si Noël est un dimanche (les chanoines d'Orléans pensait qu'il commençait 4 semaines entières avant mais les moines de Fleury le commencèrent une semaine plus tard et leurs raisons prévalurent, faisant ensuite que l'usage s'en installa -est encore suivi actuellement). Donc l'école était très brillante. Un surplus de brillance fut apporté à la fin du Xème siècle du fait de Gerbert; on ajouta les nouvelles découvertes de celui-ci à celles d'Abbon ou, du moins, des liens étroits s'établirent entre Gerbert et Constantin, moine de Fleury (Constantin était le nouveau maître des écoles et il avait gagné l'amitié et l'estime de Gerbert, qui en fit l'éloge; Constantin, d'ailleurs, était celui qui lui apportait le plus de soutien dans ses travaux littéraires). Constantin, donc, par les lettres que lui adressait Gerbert était tenu au courant de tous les progrès de ce dernier: construire des sphères, diviser des nombres, etc. Constantin, cependant, n'en tira aucun ouvrage personnel. Adalbéron, archevêque de Reims, faisait aussi grand cas de Constantin. Il est presqu'impossible de faire une juste liste de tous les grands hommes qui sortirent de Flery au Xème siècle (certains, peut-être faussement, pensent qu'il pouvait y avoir jusqu'à 5000 élèves en même temps): d'abord les 5 abbés qui gouvernèrent entre Odon et Abbon, tous méritants et au niveau de Fleury (Wlfade devint évêque de Chartres; Richard était homme d'esprit et de savoir; Oylbold, prédécesseur immédiat d'Abbon, écrivait avec politesse); parmi les élèves: St Cadroé (devenu abbé de Wassor puis d'un autre monastère,), Germain, moine, devint abbé de Ramsey en Angleterre, le prince Guerech, fils du comte de Nantes Alain Barbetorte, Bernard, ensuite abbé de Tulle puis évêque de Cahors. Encore élèves: Gauzlin, "fils naturel" d'Hugues Capet (abbé "de la Maison" puis archevêque de Bourges), Hervé (trésorier de St-Martin-de-Tours, homme de piété qui engagea Aimoin à écrire la vie d'Abbon et dédicataire), Bernon (abbé de Reichenau; quelques écrits surtout pour le XIème siècle; était à Fleury au moment de la querelle de l'Avent donc sous Abbon encore alors maître des écoles), Aimoin, Helgald tous deux historiens et tous deux élèves d'Abbon, Oswald, moine de Worchester (ouvrages qui en font un des illustres écrivains d'Angleterre)
St-Amand (ou Elnone; St-Amand-en-Pévèle puis St-Amand-les-Eaux; 20 km au Sud de Tournai)
peu mentionnée au VIIIème siècle. Cette abbaye royale est considérée comme le centre de l'"école franco-saxonne". Le scriptorium, très actif à la fin du VIIIème siècle, est spécialisé dans des livres liturgiques de luxe destinés à de hauts dignitaires, au roi ou à d'autres établissements religieux. Le scriptorium mêle les motifs anglo-irlandais aux apports strictement carolingiens. Sur le plan artistique, le style "franco-saxon" se perpétuera au-delà de l'époque carolingienne, ouvrant la voie à l'art roman. Au IXème siècle, Milon, après 850, fit à Elnone ce que Michon faisait à St-Riquier. Il eut comme élèves Pépin et Drogon, fils de Charles le Chauve (il y moururent en 865). Hucbalde lui succèda (il était son neveu par les femmes) et il enseigna avec encore plus de succès. Il fut celui qui, à la fin du IXème siècle, avec Rémi d'Auxerre, lors du profond déclin des lettres, contribua à en "conserver quelques restes" pour éclairer le Xème siècle (il avait déjà eu le même rôle à l'Eglise de Reims ainsi qu'à Paris voire à Nevers). Au Xème siècle, Hucbald (qui vécut après 930) ne paraît à la tête d'aucune école comme il l'avait fait au IXème siècle (il enseigna peut-être à Nevers mais pas assez de preuves). Il est plus sût qu'il passa le reste de ses jours à St-Amand dans l'écriture de ses ouvrages
St-Denis (Paris)
abbaye immédiate au pape et au roi dès le milieu du VIIème siècle, St-Denis bénéficie d'une relation particulière aux Carolingiens depuis le sacre de Pépin le Bref en 754. Devait être florissante dès la fin du VIIIème siècle puisque le pape Hadrien louait la lumière qui y brillait du fait qu'y enseignait un évêque. Au début du IXème siècle, Mothaire, prêtre (Dungal en a laissé l'épitaphe), ornait l'abbaye par son savoir. Vandermar fut tiré de St-Denis pour présider les jeunes clercs de la chapelle royale. L'école est en relation constante avec les autres abbayes de l'empire. Elle bénéficie de donations royales d'objets et de manuscrits, en particulier sous Charles le Chauve. Ensuite, la discipline tomba peu après mais les bonnes études s'y maintinrent: ainsi Hincmar (futur archevêque de Reims) y fut instruit, Hilduin (productions littéraires) aussi; en sortirent aussi les auteurs du recueil des miracles de St Denis et Hildegaire, évêque de Meaux (une vie de St Faron). De plus, St-Denis travailla à la transmission de quelques-uns des bons livres des anciens par la copie (par exemple, antiphonaire et sacramentaire de St Grégoire le Grand avec additions et remarques). Au Xème siècle, les lettres continuaient d'être cultivées et, outre les petites écoles, on étudiait les plus hautes sciences profanes et sacrées. Hiedemanne, moine, y fut instruit dans les deux et devint archevêque de Sens (entre autres, un beau traité sur la musique, un sur le comput)
St-Rémi de Reims (Reims)
la ville du baptême de Clovis et du sacre des rois de France pourrait avoir eu des écoles canoniales dès l'époque carolingienne. Les scriptoria se répartissent entre la cathédrale et le monastère de St-Rémi de Reims et les monastères St-Thierry et d'Hautvillers. Les exercices littéraires sont rétablis au VIIIème siècle. Au IXème, l'école est aussi conduite par 4 archevêques érudits: Wflaire, Ebbon, Hincmar, Foulques. L'apogée de Reims est atteint sous l'abbé Ebbon, frère de lait et bibliothécaire de Louis le Pieux; Ebbon veut faire de Reims le centre nouveau de la Renaissance carolingienne (il fait, par exemple, édifier la cathédrale, ou rassemble des artistes au monastère d'Hautvillers); il est exilé à Fulda en 835 pendant les luttes entre Louis le Pieux et Lothaire; définitivement destitué en 841 par Charles le Chauve, se réfugiant près de Louis le Germanique, auprès de qui il obtient le siège de Hildesheim. Sous Ebbon, archevêque de Reims, c'est Placide qui était maître de l'école (il copia un livre des Evangiles en lettres d'or). Haldouin, abbé, fit en 852 une épitaphe pour le tombeau de St Rémi (mais Hincmar en substitua une autre de sa main). Hincmar, évéque et abbé de St-Rémi, ancien moine de St-Denis et familier de la cour, prend part aux querelles théologiques sur la prédestination et la Trinité alors que l'école continue son apogée. Hincmar lui-même fait un grand usage de sa plume et il participe à tous les grands évènements de l'Etat et de l'Eglise. Du fait de ses occupations, il nomme un maître pour l'école, Sigloard et d'autres dont on ne connaît pas les noms. Sont élèves de Reims Hincmar (évêque de Laon), Ansegise de Sens, les neveux d'Isaac de Langres, Gozelin (abbé de divers monastères), Bernon (moine de St-Denis). L'école de Reims est double, une pour les chanoines locaux, une pour les clercs de la campagne avoisinante. Les deux écoles déclinèrent sous l'épiscopat de Foulques mais il se préoccupa de la relever, y appelant deux des plus savants érudits de la fin du IXème siècle: Rémi, moine de St-Germain-d'Auxerre et Hucbalde, de St-Amand. Les lettres y continuent (plusieurs manuscrits); les principaux copistes sous Hincmar, abbé et archevêque de Reims, sont Leutbert et Adalolde (ou Adelolde); Gibouin, comte du Palais, s'y était fait moine et il donna quelques manuscrits pour enrichir la bibliothèque. Au Xème siècle, Rémi et Hucblad y ayant rétabli les écoles, elles se soutinrent avec quelque réputation pendant tout le cours de ce siècle malgré les troubles fréquents qui affectèrent l'Eglise locale et, sur la fin du Xème siècle, elles devinrent même les plus florissantes de la France. Rémi et Hucbald eurent pour disciples: Seulfe (par sa science et son intégrité, il succèda à l'archevêque Hervé); Hildebolde (son grand savoir lui valut le titre de grammairien); Blidulfe (depuis archidiacre de l'Eglise de Metz). Frodoard (un des plus célèbres écrivains du siècle), lui, fut l'élève de leurs successeurs. Idem pour Berner, moine de St-Rémi de Reims, contemporain du précédent, qui combattit aussi par son érudition et ses écrits l'ignorance du siècle. Encore peu après 950, l'école de Reims était encore très renommée (par exemple, Abbon de Fleury, déjà instruit, alla y étudier la philosophie, la géométrie et l'astronomie. Gerbert vint aussi à Reims après être allé apprendre les mathématiques auprès d'un évêque espagnol et d'autres connaissances en Italie et dans deux voyages à Rome; il venait se retirer à Reims; il y fut bien reçu par l'archevêque Adalbéron, lui-même un érudit, chancelier des rois et il en fit le maître de l'école de la cathédrale. Gerbert alors, enseigna et étudia pour lui-même les lettres, les mathématiques et toutes les autres sciences profanes et sacrées y compris jusqu'à la médecine. Il composa, d'abord, une réthorique et pour lui et ses élèves, il amassa des livres de tous côtés, faisant de grandes dépenses, avec l'aide de ses amis, pour acheter des exemplaires des meilleurs auteurs ou les faire copier (il recuillit les ouvrages de Cicéron, de Jules César, d'Eugraphius -aujourd'hui peu ou pas connu- de Pline, Suétone, Stace, Démosthène (le médecin gaulois), de Manilius, de Q. Aurelius, de Victorin le Rhéteur, de Claudien, la dialectique et l'astrologie de Boëce ainsi que les écrits de plusieurs autres tant sacrés que profanes). Gerbert ne négligea pas non plus les modernes: Joseph (un espagnol ayant écrit sur l'arithmétique), traduction d'un traité d'astrologie par Lupice de Barcelone. La renommée de Reims devint alors générale et on y accourrait de partout: y furent élèves Robert, fils de Hugues Capet, Leoteric (qui fut archevêque de Sens), Lambert et Brunon (les deux évêques de Langres et érudits), Fulbert (évêque de Chartres et principal maître des érudits du XIème siècle). On notera aussi, au diocèse de Reims, Hauvilliers, au IXème siècle, plusieurs hommes de lettres sont présents (ce qui laisse supposer de bonnes études). Almanne, moine, est surtout connu pour ses lamentations en vers sur les ravages des Normands (autres ouvrages aussi)
St-Gall (Suisse, près de la rive sud du lac de Constance)
St-Gall fut d'abord le lieu de sépulture de Gallus -St Gall- mort en 646, compagnon de St Colomban. A l'instigation de Charles Martel et avec la protection de Pépin le Bref, l'endroit se transforma en abbaye et adopta la règle bénédictine et, dès cette période, l'érudition et la copie de manuscrits y étaient développées. St-Gall est célèbre pour son plan, conservé, qui aide à bien réaliser ce qu'était une grande abbaye carolingienne. Le site CESG, Codices Electronici Sangallenses met en ligne les manuscrits conservés par l'abbaye; un site intéressant (le français est la langue la moins bien dotée du site). Au VIIIème siècle, St-Gall ne se distingue pas autant que les autres écoles au début de la Renaissance carolingienne mais elle devient vite une école prééminente. Au IXème siècle, ce fut l'abbaye où, malgré les troubles qui agitèrent l'Empire, les études se perpétuèrent et conservèrent leur niveau le mieux. Ce qui fait que St-Gall eut la chance, pendant tout le IXème siècle, d'être gouvernée par de savants abbés. Gozbert, abbé, travailla à enrichir la bibliothèque de nombreux bons livres -alors que les moines copiaient les manuscrits les plus récents- ce que Grimalde, son successeur, continua de faire. Idem pour Harmote (doyen, coadjuteur et finalement abbé) y montra encore plus de zèle. Syntramne, moine, le seconda par son talent de copiste (quasi tous les monast&egrve;res un peu célèbre de cette partie de l'Empire eurent d es manuscrits copiés par lui; surtout un livre des Evangiles); il était aussi doué en tant que miniaturiste. Les moines de St-Gall, de plus, joignaient aux lettres plusieurs autres beaux-arts: Winihard, moine, frère de l'abbé Gozbert est un "autre Dédale", excellent architecte ou Isenric est un autre Beseléel, célèbre pour son industrie et sa dextérité. St-Gall avait vu son plan tracé sous Louis le Pieux; il comptait, sous Grimalde, 42 prètres, 24 diacres, 15 sous-diacres et 20 moines. Vint s'y retirer un évêque d'Irlande, Marc (il partir ensuite pour St-Médard de Soissons) dont la présence avantage les études aussi bien par les livres dont il augmenta la bibliothèque que par les personnes de sa suite (dont un de ses neveux -dont le nom barbare de Moëgal fut changé en Marcel- ou Eusèbe, érudit et aussi Irlandais). Marcel, qui maîtrisait les sciences sacrées et profanes, qui excellait dans la musique, devint le maître de l'école intérieure (celle des moines) où il eut d'illustres disciples, ainsi Notker le Bègue; il écrivit peu. Deux autres Notker, Eckhard et Harker étudièrent aussi à St-Gall. De disciple, Notker devint le collègue de Marcel dans l'école et il enseigna avec réputation. Ison, auparavant, avait été le maître de l'école des moines et de celle des laïcs, fut un des moines les plus lettrés du siècle; sa renommée fit que Rodolfe, duc de Bourgogne, lui demanda d'aller instruire les moines de Grandsel; Ison y passa le reste de ses jours, y réalisant ce qu'il avait réalisé à St-Gall. Il passait pour avoir le talent de faire comprendre les études aux esprits les plus bornés, tous ceux qui voulaient s'instruire venait à Grandsel de tous les endroits de France et de Bourgogne. Il mourut en 871. A sa chaire de St-Gall, lui succédèrent trois de ses élèves: Tutilon, Notker et Ratpert, tous célèbres par leur savoir et autres qualités; ils avaient appris les 7 arts libéraux et particulièrement la musique sous Ison et Marcel et ils les enseignèrent (pour certains même dans les premières années du Xème siècle); en plus des lettres Tutilon excellait dans la gravure, la peinture et l'art de jouer de toutes sortes d'instruments. Fut aussi un grand professeur de St-Gall le docte Werembert: il avait étudié à Fulda sous Raban Maur, il se fit moine à St-Gall et il enseigna sous les abbés Grimalde et Harmote; il savait le grec, possédait parfaitement la musique, la sculpture et il devint aussi habile théologien, grand historiographe et un bon poète du IXème siècle; ce fut sous lui que se forma aux lettres l'historien anonyme de St-Gall qui, vers 883, composa sur l'ordre de Charles le Gros, l'histoire de Charlemagne. Furent également élèves de St-Gall: Salomon, abbé de divers monastères et évêque de Constance (on lui doit des gloses sur Prudence), Helpidanne et Hermanne (des écrits), Wolon, fils d'un comte de Kibourg (moine volage et dissipé mais qui connaissait bien la littérature), Bernahard, abbé après Harmote, restait encore un érudit. Ainsi, même à la fin du IXème siècle, il y avait peu d'endroit où les lettres restaient aussi bien étudiées qu'à St-Gall. St-Gall, enfin, se signalait autant par sa science que par sa discipline. Les études ne semblent pas avoir dépéri au Xème siècle et l'école donna Notger, évêque de Liège. Quelques érudits officiellement né dans la Francia occidentalis y existaient encore au début du Xème siècle. L'abbaye continua de fournir des érudits à quelques-unes des écoles de Francia occidentalis: Notger (archevêque de Liège), Thierry ou Diederic, évêque de Metz (y avait étudié sous Kerold, maître des écoles), Victor (illustre famille, moine, avait été formé aux lettres sous Notker et Gerald. Il fut appelé par l'évêque Erkenbald, son parent, à Strasbourg où il enseigna et qu'il fit des écoles des écoles florissantes. L'abbaye fut une école importante de chant grégorien
St-Germain-d'Auxerre (nord-ouest de la Bourgogne)
une relation forte, datant de Charles Martel, existait entre St-Germain d'Auxerre et la Bavière. Peu mentionnée aux VIIIème (cependant, elle est l'autre endroit, avec Reichenau et Hirsanges, où passent les sciences après Fulda; elle contenait les reliques de St Germain et avait une réputation qui s'étendait dans tout l'Occident carolingien) et IXème siècles (elle jouit de la faveur de l'empereur Charles le Chauve (843-877)), St-Germain-d'Auxerre est l'école qui servit le plus pour passer "quelques vestiges de littérature" du IXème au Xème siècle et à continuer la chaîne des érudits (entre 840 et 890, Auxerre devient l'un des deux ou trois centres culturels principaux de l'Empire). Depuis longtemps, elle pouvait fournir les évêques de la ville. St-Germain était l'autre pôle de l'Empire et plusieurs ouvrages composés par des maîtres de l'école furent largement diffusés dans les grands centres intellectuels carolingiens particulièrement sous Loup Servat, abbé de Ferrières-en-Gâtinais (840-862), connu pour ses activités philologiques et rassemblant de nombreux manuscris qu'il fit copier. L'évêque Héribald (829-857), un des maîtres d'Auxerre, avait des liens avec Raban Maur, établissant des échanges de manuscrits ou de reliques. 4 maîtres se sont succédés à la tête de l'école monastique entre 835-840 et 893, tous, d'abord, élèves à l'école: Murethach (Irlandais, grammairien, qui vint peut-être à l'abbaye du fait de la légende de St Germain maître de St Patrick en Angleterre; quitte Auxerre pour Metz vers 840-845, s'installant dans l'entourage de Drogon; a donné un cours de grammaire -c'est un commentaire de la grammaire la plus utilisée à l'époque: l'"Ars Major" de Donat; il y développe l'explication des mots et des constructions par un système de questionnement; il est peut-être venu à Auxerre du fait de la légende selon laquelle St Germain aurait été le maître de St Patrick en Angleterre); Haymon (élève du précédent; maître de l'école vers 840-845/860, exégète biblique; s'appuie sur les oeuvres de Servius ou Isidore de Séville pour fonder, déjà, la vision de la société en trois ordres fonctionnels: ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent); Heiric (oblat en 848, suit l'enseignement de Haymon et est son disciple; il est élevé au monastère en même temps que Lothaire, fils de Charles le Chauve. Il suit ensuite l'enseignement de Loup de Ferrières puis l'école de Soissons; prêtre en 865; une vie de St-Germain et récit des miracles du saint; il commente les classiques de la théologie latine; meurt vers 875-885; marqué à Soissons par les écrits novateurs de l'helléniste Jean Scot Erigène, le promoteur des auteurs néo-platoniciens en Occident, oubliés du fait de l'oubli du grec; diffuse les idées néo-platoniciennes via Maxime le Confesseur ou le Pseudo-Denys; est familier de gloses sur des textes en cours d'études avec ses élèves; Rémi (le dernier maître de l'école; sa renommée le fit appeler à Reims puis Paris, où il eut Odon, le futur abbé de Cluny, comme disciple; théologien, commentaires grammaticaux et commentaires d'auteurs antiques; a aussi composé des commentaires grammaticaux de constructions en prose ou en vers à partir de Phocas, Priscien, Donat, tous auteurs de la fin de l'Antiquité; le départ de Rémi marque la fin de l'importance d'Auxerre). L'école se distingue aussi par son intérêt pour les sciences et notamment la géographie (les auteurs antiques sont, là encore, leurs modèles). Heiric a peut-être écrit un traité de géographie -le "De situ orbis"- dédié à Charles le Chauve dans lequel il réfléchit sur les routes utilisées par les Vikings et Rémi est l'auteur d'une "Lettre sur les Hongrois" par laquelle il recherche les racines de ceux-ci. En matière théologique, Haymon et Rémi ne se limitent pas à compiler mais ils ajoutent d'abondantes notices érudites et l'explication des termes ayant un intérêt doctrinal ou historique. Les deux auteurs composèrent également des homéliaires, recueils pour guider la méditation des moines et des fidèles, s'inspirant des lectures du jour et en proposant des exposés et des commentaires (après les premières années du règne de Charles le Chauve, la réputation d'Auxerre se renouvela sous la direction du moine Heric; il avait étudié sous deux des plus habiles professeurs d'alors, Haimon (devenu évêque d'Halberstat) et Loup, abbé de Ferrières. Heric eut comme élève le prince Lothaire (qui mourut prématurément alors qu'il avait déjà fait de grands progrés "dans les plus hautes sciences"). Rémi, un de ses élèves, lui succèda comme maître de l'école. Ce fut Rémi qui répandit "la doctrine" de l'école en tant d'autres endroits de la France, ce qui empêcha la barbarie du Xème siècle de gagner partout. Rémi lui-même passa à Reims où il renouvela les études avec Hucbalde; il fit aussi de même à Paris où il fonda le germe d'où allait éclorer la célèbre école de la ville). Le grammairien Heribalde, par ailleurs, alla porter la même doctrine à St-Michel en Lorraine, doctrine qui fut portée par Jean (depuis abbé de Gorze) qui la fit passer dans ce monastère. Encore à la fin du IXème siècle, St-Germain donna deux saints et érudits évêques: Heribalde et Abbon; Chrétien en serait aussi mais on ignore le siège où il fut évêque. Cette époque fut celle d'un si grand travail dans les lettres qu'on retrouvera dans la bibliothèque encore des manuscrits du IXème au XVIème siècle. On y trouvait: les commentaires de Claude de Turin sur les épîtres de Paul; les capitulaires des rois; les canons d'Isaac évêque de Langres; le recueil d'homélies dressé sur ordre de Charlemagne. Fut aussi sans doute formé à l'école d'Héric, Ebrard, jeune moine (vers 865) parent de Loup de Ferrières (ce dernier lui écrivant de ne pas séparer la culture des sciences de l'amour de la vraie sagesse). L'école cathédrale comme l'école monastique ne connurent pas d'interruption pendant tout le Xème siècle. Les élèves de Rémi et du Bienheureux Heiric perpétuèrent leurs exercices et soutinrent, au moins en partie, la réputation que l'abbaye avait acquise. Gerland, archevêque de Sens, y avait été formé. Gui ou Widon, érudit et évêque d'Auxerre, était lui-même le maître de l'école et, vers 925, ce fut à lui qu'Herbert de Vermandois confia l'instruction de son fils Hugues (à qui il avait obtenu, quoiqu'âgé de 5 ans seulement l'archevêché de Reims); Gui l'enseigna pendant 15 ans. Dans un nécrologe, on a les dates de la mort de plusieurs maîtres célèbres de l'école cathédrale St-Etienne et de l'école monastique, montrant la continuité, entre IXème et XIème siècle, des études dans les deux écoles: Itier (moine et docteur incomparable), Odon (enseignait à la cathédrale), Lambert (diacre, excellent docteur), Clément (brillait par toutes sortes de connaissances), Etienne (prévôt de la cathédrale, prêtre, mérite extraordinaire, excellent professeur de l'Ecriture Sainte). A la fin du Xème siècle, on vit encore enseigner Jean (éloquent dans la défense d'Arnoul, archevêque de Reims; son mérite le mena archidiacre puis évêque d'Auxerre)
St-Germain-des-Prés (Paris)
peu mentionnée au VIIIème siècle, St-Germain-des-Prés, en 838, comptait plus de 120 moines. On cultivait aussi avec quelque succès les sciences profanes et sacrées: auteur anonyme de la relation des miracles de St-Germain, Usuard (martyrologe), Aimoin, Abbon (poète, disciple du précédent), Gilemar (vie de St Droctovée). Au Xème siècle, les études s'y soutinrent sans doute où elles existaient au IXème siècle. Abbon, moine, ayant été instruit par Aimoin, vécut au-delà de 920 et il avait la réputation de savoir beaucoup mais n'avait pas un bon talent d'écrire. Les évêques faisaient appel à lui pour obtenir des instructions pour le clergé des diocèses. Les lettres, ensuite, tombèrent avant la fin du Xème siècle, Guillaume de Volpiano, abbé de St-Bénigne de Dijon, les releva comme il faisait ailleurs (il y établit l'"Institut de Cluny")
Ecole abbatiale de St-Martin-de-Tours
au VIIIème siècle, elle allait servir de "mère" pour toutes les autres écoles car les élèves qui y vinrent essaimèrent. L'abbaye, bénédictine depuis le VIIè siècle, abrite les reliques de Saint Martin. Des scribes irlandais s'y installent au VIIIème siècle. Le maître de l'école était Alcuin et il développa le scriptorium dont l'apogée devait être atteint sous l'abbatiat de Vivien. La renommée en est telle alors que l'on lui confie des commandes impériales. A partir de 796, Alcuin entend en faire une école aussi florissante que celle d'York dont il avait été issu; il assemble des disciples et y enseigne la grammaire, les belles-lettres, l'astronomie et les "autres parties des mathématiques", l'Ecriture Sainte. Du fait de l'abondance d'étudiants, il s'adjoint Sigulfe, élève d'York, pour le seconder dans la direction de l'école (Sigulfe permettait qu'on lût Virgile, ce qu'Alcuin n'autorisait pas). La liste est longue des élèves illustres d'Alcuin à Tours qui, tous se distinguèrent dans les lettres ou les dignités ecclésiastiques. Ils allaient répandre les sciences ailleurs dans l'empire des Francs, entre autres, en créant ou développant d'autres écoles: Fridugise, abbé de St-Martin, Joseph, Raganard, Waldramne, Adalbert, Aldric, Amalaire, prêtre de l'Eglise de Metz, Raban, abbé de Fulda, l'un des plus savants prélats du IXème siècle, Hatton successeur de Raban comme abbé de Fulda, Haimon, évêque d'Halberstad, Samuel, évêque de Worms. Il y a aussi des petites écoles après 850 et l'archevêque Herard devait sans doute aussi favoriser l'école cathédrale. Au IXème siècle, Fridugise succéda à Alcuin peu d'années après la mort de Charlemagne en 814 et l'abbaye déclina. On passa de 300 à 200 moines, lesquels négligèrent aussi bien la psalmodie perpétuelle que les lettres; la discipline se relâcha, ce qui apporta la décadence des études (les moines encore capables d'enseigner firent payer leurs leçons). Le déclin dura jusqu'au zèle et la générosité de l'abbé Adalard qui succède à Fridugise en 834; pour rétablir l'ordre, il assigna des revenus aux chanoines Amalric (ensuite évêque pour le service du monastère et pas pour un diocèse), Milon et Guichard sous condition qu'ils seraient gratuitement -sauf des cadeaux- enseignants dans l'école (cette fondation fut confirmée en 844 par Charles le Chauve). St Odon y avait étudié la grammaire avant la fin du VIIIème siècle et on peut présumer que l'école subsistait encore au Xème. L'activité, cependant, avait décliné après le pillage du monastère par les Normands en 853
Stavelot (avec Malmédy) (Ardennes belges)
Stavelot est peu connue au VIIIème siècle. Au IXème, à Stavelot et Malmédy, Chrétien Druthmar, célèbre moine de Corbie, enseignait les lettres sacrées dans les deux monastères, sous l'abbé Hauton (et il dédia aux moines des deux monastères son commentaire sur St Matthieu, qu'il écrivit en faveur de ses disciples et qu'il constitua des explications qu'il leur avait données de vive voix). Au Xème siècle, Odilon sortit de Gorze pour être abbé de l'abbaye et il prit un soin particulier de l'école. Il fit venir Notger de St-Gall (depuis évêque de Liège) comme maître de l'école. Sous Notger étudia Adelmann qui fit l'ornement du lieu par son savoir et sa vertu. Eggihard, dans le nécrologe, est prêtre et philosophe. Wolbodon, évêque de Liège après Notger pourrait aussi avoir été élève de l'école
St-Maximin-de-Trèves
peu connue au VIIIème siècle, au IXème siècle, l'archevêque Richbode, ami et condisciple d'Alcuin, passionné pour les belles-lettres (il donne souvent trop de temps à la lecture de Virgile) a sans doute dû veiller à entretenir l'étude pour le clergé. Ses successeurs Amalaire et Hetti, érudits, sans doute firent de même. En tout cas, à la fin du IXème siècle, les sciences étaient encore en honneur dans plusieurs monastères du diocèse

Ecoles n'ayant existé qu'au IXème siècle

Amiens
l'évêque Jessé, à Amiens a créé une école épiscopale
Beauvais
l'évêque Odon, à Beauvais a créé une école épiscopale
Condat (ou St-Claude) (Jura)
Mannon, illustre philosophe, ayant quitté l'Ecole du Palais -où il avait enseigné- à la mort de Louis le Bègue, se retira dans ce monastère où il devint le prévôt (nom qui commença d'être donné à qui était à la tête d'un monastère sans en être l'abbé régulier); il y apporta plusieurs rares manuscrits qui enrichirent la bibliothèque et il continua d'y cultiver les lettres sans, toutefois, les enseigner. Composa des ouvrages (commentaires sur les Traités des Lois et de la République de Platon; sur les livres du Ciel et du Monde et la Morale Universelle d'Aristote)
Evreux
on pense, qu'au moins au IXème siècle, il y avait une école épiscopale, peut-être origine des copistes
Figeac
Adalard, abbé, copiait les livres de la bonne Antiquité
Landevenec (en Armorique)
"presqu'à une des extrêmités du monde"; on travaillait aussi à soutenir les études chancelantes mais ces efforts ne furent pas d'un grand secours. Y apparurent trois écrivains tant en vers qu'en prose: Gurdistin (abbé vers le milieu du IXème siècle; nouvelle vie de St Guingalois), Clément, moine (3 hymnes au même saint mais sans beauté), Wrmonoc, prêtre, moine sous Gurdistin (écrit en 884 la vie de St Paul, évêque de Léon)
Le Mans
comme St Aldric en était devenu l'évêque pendant 24 ans, on présume qu'il y fit revivre le goût pour l'étude si ce dernier y était tombé auparavant. Sous son épiscopat divers clercs écrivent les actes de ses prédécesseurs
Metloc (diocèse de Trèves)
depuis la fin du VIIIème siècle, était le séminaire d'où ce grand diocèse tirait habituellement ses archevêques. Il le resta au IXème siècle et il en entretint de bonnes études
Paderborn (Bavière)
encore à l'époque sous l'autorité des "princes français". Une école épiscopale est créé;e sous l'épiscopat de Badurade (815-863); la première église de Paderborn fut construite en 777 lors d'une diète tenue là par Charlemagne. La ville était déjà siège d'un évêché en 805-806. Badurade instruit la noblesse et les autres états. En sont élèves l'auteur de la translation des reliques de St Liboire, évêque du Mans, à Paderborn
église de Poutières (diocèse de Langres)
l'épitaphe de Thierry, fils de Gérard, comte de Roussillon, mort à l'âge d'1 an dans les meilleurs vers du siècle montre qu'on y cultivait avec succès les belles lettres
Redon (diocèse de Vannes)
vers le milieu du IXème siècle, St Convoïon est abbé et il existe une école où se formèrent "quelques hommes de lettres"
Réomé (ou Montier-St-Jean) (diocèse de Langres)
on étudiait encore les lettres vers 850 et on y cultivait même la musique avec plus de soin que dans beaucoup d'autres endroits. Lothaire, fils de Charles le Chauve, y reçut sa première éducation
St-Josse-sur-Mer
dépendait de Ferrières et Loup y avait des scribes copistes dont le chef était Lantramne, habile maître. Il dirigeait l'école locale et eut de nombreux disciples. Rémi, son parent (pas celui d'Auxerre), Héric, moine de St-Germain-d'Auxerre, Fridilon (dont Loup parle dans ses écrits). Adon, ensuite archevêque de Vienne y fut aussi élève pendant quelque temps
St-Matthias (autrefois St-Euchaire) (diocèse de Trèves)
aussi beaucoup d'honneur à la littérature. Le moine Florbert, un des plus savants personnages de son siècle (plusieurs écrits), était maître de l'école; il eut un grand nombre de disciples, tous célèbres pour leur savoir. Eberhard (Florbert mort en 885), prêtre et moine (quelques ouvrages) devient maître de l'école pendant 24 ans
St-Médard de Soissons
y vint de St-Gall Marc l'évêque irlandais et il y inspira l'amour de l'étude
St-Vaast d'Arras
Radulfe, autre célèbre copiste du IXème siècle, enrichissait la bibliothèque de St-Vaast. Alcuin, au début de la Renaissance carolingienne, avait exhorté les moines de St-Vaast à joindre la science à la piété, ce qu'ils firent: au bout de quelque temps, il y eut une école dont le maître fut Haimin, gardien de l'église et qui est supposé avoir été l'élève d'Alcuin; il forma Milon d'Elnone, Hubert, prêtre, et Wlfaïus (quelques ouvrages). Après 850, Ulmar, formé à cette école, écrivit une relation des miracles de St-Vaast et de l'invention de son corps
Vienne
l'évêque Adon, à Vienne a créé une école épiscopale
Vieux-Moutiers (St-Michel-de-Lorraine)
l'école de St-Michel, si brillante à la fin du VIIIème siècle et au commencement du IXème sous l'abbé Smaragde, se soutient sous la direction d'un disciple de Rémi d'Auxerre. Le commentaire de Smaragde sur Donat, une sorte de grammaire, servait beaucoup aux études des élèves

Ecoles ayant existé aux IXème et Xème siècles

Cambrai
au IXème siècle, l'évêque Halidgaire crée une école épiscopale. Au Xème siècle, les églises d'Arras et de Cambrai sont réunies avant leur séparation à la fin du XIème siècle. Il y a, à la fin du Xème siècle ou au commencement du XIème, des écoles de grammaire et de chant ecclésiastique; où expressément, on éduquait les clercs (pour le ministère) et les laïcs (pour le gouvernement du peuple); on devait les former aux arts libéraux, la science de la religion et les bonnes moeurs. Vers 960, sous l'abbé Fulbert, ces écoles existaient surtout à Arras et étaient même florissantes à la fin de la vie de St Vindicien. A Cambrai, 40 ans avant, Pierre, archidiacre, était érudit et homme de bon goût et Hucbald, de St-Amand le prenait quelquefois pour censeur de ses ouvrages
Paris
pour ce qui est des abbayes: Argenteuil (au IXème siècle, on sait par une épitaphe qu'existait un Addalalde, diacre et maître de musique (il existait une école où on enseignait le chant, sans doute le grégorien apporté de Rome au VIIIème siècle) sous Charlemagne ou Louis le Pieux. Argentueil, à l'origine de femmes, était un monastère double. En plus du chant, on enseignait les autres sciences "convenables à des moines"; St-Pierre (aujourd'hui St-Maur-des-Fossés; depuis collégiale de chanoines; au IXème siècle s'y formèrent aussi plusieurs savants sous deux abbés érudits: Benoît (il avait enseigné les "plus hautes sciences" à Fontenelle) puis Eudes ou Odon (quelques écrits); Ste-Geneviève de Paris (les études y furent renouvelées au Xème siècle). Au IXème siècle, l'évêque Enée a créé une école épiscopale qui avait commencé avec Rémi d'Auxerre à la fin du siècle; au Xème siècle, comme les rois de Francia occidentalis firent de la ville leur séjour, ceci contribua beaucoup à y attirer de bons maîtres et, en tout cas, on ne cessa plus d'y enseigner depuis cette époque. Peu après 850, Abbon, qui avait commencé ses études dans son monastère de Fleury, vint y étudier la dialectique, l'astronomie, la géométrie et la rhétorique sans doute sous les élèves des disciples de Rémi. Avant la fin du Xème siècle, Hubald ou Hubold, jeune chanoine de Liège y enseigna avec beaucoup de réputation; il s'y fit beaucoup d'amis, s'attacha aux chanoines de Ste-Geneviève et il forma en peu de temps un grand nombre d'élèves ("disciples"); cependant, il avait quitté Liège à l'insu de l'évêque Notger, ce dernier d'abord le rappela puis l'autorisa à retourner à Paris où il enseigna encore quelque temps. On compterait encore comme professeur des écoles de Paris Brunon (depuis archevêque de Cologne). Quant à l'Université de Paris, on peut dire qu'elle ne remonte pas à Charlemagne et Alcuin; mais elle commence bien avant la fin du IXème siècle. Paris, dès sous l'empereur Julien qui y avait établi sa résidence (vers 350), était devenue un théâtre de savants. Dès avant, la cathédrale avait déjà son école puis les monastères qui apparurent eurent aussi les leurs (mais il ne s'agissait pas encore des écoles de type carolingien: seulement une "école publique" pour l'instruction de la jeunesse de la ville et des étrangers venaient s'y instruire dans les lettres). La première école de type carolingien est mentionnée quand St Odon, abbé de Cluny, avant l'âge de 30 ans, alla étudier à l'école de Paris sous Rémi moine de St-Germain-d'Auxerre, qui enseignant la dialectique et la musique (soit avant la fin du IXème siècle ou au plus tard dans les premières années du siècle suivant). Dans le même temps et peut-être m&eirc;me avant, Hucbalde, moine d'Elnone, connu dès le temps de Charles le Chauve, restaurateur des écoles de Reims (comme Rémi), était venu à Paris et s'était attaché aux chanoines de Ste-Geneviève et, en peu de temps, il y établit plusieurs écoles (certains placent plutôt ce fait vers 922, sous le roi Robert). L'Université, du type médiéal, elle, n'apparaître qu'au XIIème siècle)
Laon
au IXème siècle, l'évêque Hincmar a créé une école épiscopale (il y eut une tradition irlandaise (on disait aussi "Scots" -Ecossais) de longue date dans cette école. On fait état, ainsi, de missionnaires irlandais -ermites- dès le VIème siècle dans l'évêché de Laon puis du développement rapide de monastères, tous irlandais et colombaniens). L'influence irlandaise devient surtout remarquable sous les évêques Pardule (848-856) et Hincmar le Jeune (858-871), mais aux érudits irlandais de vers 850-875 (Scot Erigène; Martin Scot -819-875), succèdent des érudits germaniques en 875-900 (Mannon -sans doute successeur d'Erigène à la tête de l'Ecole palatine de Charles le Chauve, Bernard -l'évêque de Laon, Didon, jouant un rôle actif auprès de ces derniers). Une troisième génération (900-930, Adelelm -ou Alleaume, doyen du chapitre puis évêque; il était probablement l'élève de Bernard) apparaîtra aussi, existant de concert avec la précédente. Tous ces érudits sont liés à la fois à l'Ecole palatine sous Charles le Chauve, à la cathédrale de Laon et à l'abbaye colombanienne de St-Vincent de Laon. Au Xème siècle, apparaît l'école de l'abbaye de St-Vincent (évêché de Laon). Roricon, évêque (949-976) était l'un des plus savants hommes de son temps. Un tel érudit favorisa sans doute les études (et Laon faisait partie de la métropole de Reims où les études furent "si bien soutenues" pendant tout le Xème siècle). Roricon eut la part principale dans la mise en place d'une école à l'abbaye de la ville de Laon; il y avait fait passer l'Institut de Cluny via 12 moines venus de Fleury et l'abbé fut le bienheureux Melchalan ou Malcalene et le nouvel établissement eut soin de lier études et culte conformément aux établissements réformés par Cluny. L'influence irlandaise reprit au milieu du Xème siècle avec un moine irlandais, Mac-Allan, prenant en 961 la tête des abbayes St-Vincent de Laon et St-Michel en Thiérache. L'activité du scriptorium de Laon et la renommée de l'école cathédrale demeureront importants jusqu'au moins au XIème siècle
Metz
Metz, avec Arnoulf et Pépin de Landen, est le berceau de la dynastie carolingienne. La ville fut aussi une nécropole familiale: la reine Hildegarde ou Louis le Pieux y sont enterrés. Du fait que ses évêques furent des proches de la famille royale ou impériale, Metz devint un centre liturgique et théologique. Chrodegang fut nommé par Pépin le Bref pour y réformer le clergé et rédiger une règle pour les chanoines; le rituel romain fut adopté à Metz dès 755, étape de l'unification religieuse voulue par Charlemagne. Angilram, chapelain de Charles, fut le premier à écrire une révision de la Bible. Il créa aussi un scriptorium pour la cathédrale. Paul Diacre devait y écrire, à sa demande, la "Gesta episcopum Mettensium", oeuvre qui retrace l'histoire des évêques de la ville et de la dynastie carolingienne. En 821, Louis le Pieux nomma évêque Drogon, un fils illégitime de Charlemagne -et donc son demi-frère. Au IXème siècle, l'école est célèbre pour le chant grégorien. L'école a l'avantage d'être dirigée pendant quelques années sous Louis le Pieux par Aldric, depuis évêque du Mans, qui avait été élève à l'Ecole du Palais. On y rédigea la Bible offerte à Charles le Chauve avec trois cent vers élégiaques, preuve, qu'à la fin du IXème siècle, on copiait encore les bons livres et on cultivait les belles lettres "autant que le génie de ce temps-là le permettait". Charles le Chauve, en 869, avait choisi Metz pour lieu de son couronnement comme roi de Lotharingie et, à cette occasion il fit don d'un psautier et d'une Bible à la cathédrale. Metz, à la moitié du IXème siècle était un centre brillant en termes d'enluminure et de sculpture de l'ivoire. Au Xème siècle, apparaît l'école de la cathédrale de Metz. Blidulfe y avait sans doute été de quelque secours et Jean de Vendière y étudia quelque temps. On y enseignait surtout la science du chant ecclésiastique, domaine dans lequel l'abbaye se distinguait depuis le règne de Charlemagne. Au début du Xème siècle, c'érait le diacre Rotland, homme de piété, qui présidait aux exercices du chant. L'Eglise de Metz ayant été gouvernée par la suite par des prélats érudits, ils durent y maintenir les bonnes études: sont connus comme érudits, entre autres, Vigeric (pour sa science en général), Thierry (ou Diederic; grande connaissance de la discipline ecclésiastique). On voit aussi, au Xème siècle, d'autres écoles à Metz (églises et monastères): St-Vincent (le maître de l'école était Adelbert, érudit (une chronique adressée à l'évêque Adalbéron avec une liste de tous ses prédécesseurs)); église de St-Sauveur (le diacre Bernacer était habile dans la science du chant et dans l'art de copier; il avait fait une étude particulière de ce qu'on appelait alors l'arithmétique); monastère St-Arnoul (Anstée, y devenant abbé en 945, y fit passer tous les exercices de Gorze (qu'il avait lui-même suivi); il eut alors pour élève Jean (qui lui succèda comme abbé), auteur d'une vie de Jean de Vendière (une des meilleures oeuvres de littérature du Xème siècle). Le relief donné à l'école par Jean y attira les meilleurs de la ville de Metz mais fit aussi qu'on y vint de Saxe et de Bavière. L'école devint alors un séminaire d'évêques et d'abbés)
Micy (ou St-Mesmin; près d'Orléans) (diocèse d'Orléans)
s'y formèrent, au IXème siècle, deux écrivains de mérite, qui, chacun, ont donné une vie de St Maximim et quelques autres productions, preuve qu'on cultivait encore les lettres avec soin. On ne néglige pas non plus les bonnes études au Xème siècle. Letald, moine, est l'un des plus judicieux écrivains du Xème siècle et il y fut instruit dès son enfance et vu ses progrès, l'école devait être en d'habiles maîtres. Letald fut connu vers la fin du Xème siècle et on connaît un de ses confr`res, moine, Pierre, qui brillait aussi par son savoir (il écrivit des recueils d'histoires diverses qu'il avait revues et corrigées, prouvant qu'à son érudition, il joignait du sens critique). Gerbert, là aussi, était en relation épistolaire avec quelques moines du lieu et les études purent s'améliorer quelque peu par les découvertes du maître (entre autres, Constantin, érudit, qui était doyen puis fut abbé et Albert, qui fut abbé au XIème siècle, y était alors élève (une lettre au pape Jean XVIII, une à Jean XIX)
Sens
au IXème siècle, l'évêque Magnus a créé une école épiscopale. Au Xème siècle, avant Hiedemanne, Gerland avait été archevêque de Sens, aussi versé dans toutes sortes de sciences. Gerland avait d'abord été moine de St-Germain d'Auxerre, instruit par les disciples de Rémi ou de Heiric. Candacher, chanoine, vers 850, passait pour un grand philosophe
Verdun
après 850, Bérard, évêque de Verdun en 879, prend soin de l'école de St-Vanne. Ses principaux disciples sont Dadon (son neveu et successeur, qui écrit quelques pièces en vers et en prose) et Berthaire (ou Berchaire), prêtre (qui écrit une histoire abrégée des évêques de Verdun). Sous Dadon, au Xème siècle, à l'abbaye de St-Vanne, il y avait un reclus, Humbert, qui avait la réputation d'être versé dans les lettres sacrées. Au Xème siècle, à St-Germain-de-Montfaucon (Verdun; autrefois diocèse de Reims devenu ensuite collégiale de chanoines séculiers), Humbert, de St-Vanne, s'intéressa au monastère et contribua à y faire revivre les études. L'évêque Dadon accorda l'asile à André, grand érudit et plusieurs autres érudits anglais qui fuyaient les Normands où ils continuèrent leurs travaux. A la fin du Xème si`cle, les études étaient encore "en quelque vigueur" (un abbé, anonyme, donnera 2 lettres d'érudition). Au Xème siècle, l'école cathédrale de Verdun est moins fréquentée que les écoles de St-Arnoul. Selon l'histoire abrégée de l'Eglise de Verdun par Berthaire, prêtre, au début du Xème siècle, on voit qu'il y avait des personnes qui étudiaient solidement à l'école cathédrale. Dadon, à l'époque, était un des savants évêques du temps et quelquefois poète; il eut pour successeur, après 850, Vicfride, autre évêque de savoir et de piété (de naissance illustre, il fit rédiger les actes de ses prédécesseurs pour en prendre modèle, lequel ouvrage a pu servir de modèle à celui sur les évêques de Toul).

Ecoles apparaissant au Xème siècle

Aurillac
en Auvergne, fondé vers la fin du siècle précédent par St Gérauld, l'abbaye reçut la doctrine de Cluny et devint le berceau du principal renouvellement des lettres au Xème siècle. Gerbert, l'auteur de ce renouveau, y fit ses premières études (Raymond, maître de l'école puis abbé, lui enseigna la grammaire) et, malgré son ascension, il entretint toujours ses liaisons avec Aurillac, ce qui contribua encore plus à l'étude des sciences tant profanes que sacrées (il communiqua à son premier maître les nouvelles découvertes qu'il faisait dans les sciences mathématiques). Aurillac était aussi connue pour son art de la copie (Calston, abbé de Figeac en Quiercy, y fit écrire un livre de chant suivant le rite romain, qui pourrait être un traité de Raymond)
Baume
Odon, futur abbé de Cluny, venant de l'école de Paris (sous Rémi), y porte la doctrine de Paris et devient le maître de l'école
Abbaye de Blandinbergue (ou St-Pierre de Gand)
en Belgique. Grande réputation de science et de discipline; ainsi, St Dunstan, forcé de quitter l'Angleterre, sa patrie, la choisit pour s'exiler et son séjour de 2 ans fut utile aux lettres. Womar ou Wlmar en était abbé après 950 et il travailla avec succès à développer les études (on n'y négligeait pas la poésie alors ni sous ses 2 successeurs). Adalard, moine avait été formé aux lettres dans l'abbaye et en 1006 il écrivit une vie de St Dunstan
Abbaye de Brogne (diocèse de Namur)
Heribert, avant de devenir abbé du lieu en 992 avait été précepteur et chapelain de l'empereur Otton II ce qui laisse supposer de son savoir et il dut inspirer à ses moines l'amour des lettres et, là aussi, la réforme par Cluny, apportait discipline donc bonnes études
Abbaye de Castres (Rouergue)
avec Durand, abbé vers 950, on étudiait au moins la théologie. Mais on voit aussi qu'on étudiait les autres études: Aige, un des prédécesseurs de Durand, écrivit l'histoire du monastère
St-Pierre ou St-Père de Chartres
à la fin du Xème siècle, les études étaient encore plus solide qu'à Lyon. Fulbert, érudit, était le maître de l'école; après y avoir longtemps enseigné, il devint évêque de la ville en 1007. Il y avait étudié sous Gerbert et appris les sciences et les beaux arts; il connaissait la médecine, donnant même des médicaments mais cessa quand il devint évêque. Il enseignait la grammaire, la musique, la dialectique et surtout la théologie. En plus des leçons données à l'école, il s'entretenait le soir en particulier avec ses élèves dans un petit jardin de la chapelle, parlant "avec tant de tendresse, que souvent les larmes lui coupaient la parole"; il exhortait ses élèves à "suivre le grand chemin" et marcher sans écart sur les traces des Pères. De l'école de Chartres sortirent grand nombre d'érudits qui firent la gloire du XIème siècle et qui répandirent la doctrine de Fulbert dans diverses provinces du royaume de France. Dès sous Fulbert, brillait Herbert, issu de parents juifs mais chrétien dès son enfance, condisciple du prince Robert, depuis roi de France et même Fulbert à l'école de Gerbert; il était versé en tout genre de littérature et excellait surtout dans le chant ecclésiastique (l'harmonie de sa voix lui donnait un nouveau relief). Avant que Fulbert put y enseigner, il y eut dans l'école un renouvellement d'études via une colonie de moines qui furent envoyés de Fleury par l'abbé Wlfalde (qui devint évêque de Chartres en 962); ce fut du travail de ces moines que "sont venus plusieurs manuscrits du Xème siècle, qu'on trouve entre ceux de la même abbaye"
Cluny
fondé en 910 par Guillaune duc d'Aquitaine. Bernon en est le 1er abbé et établit la discipline avec des moines tirés de St-Martin d'Autun que ceux de St-Savin en Poitou avaient réformé. Sous Odon, abbé en 927, en quelques années Cluny devint une des plus célèbres écoles de toute la France et une pépinière de saints. Odon composa un grand nombre d'ouvrage et montra le soutien que l'étude apporte à la piété -et ce modèle fut repris par ses successeurs jusqu'à St Pierre Maurice. Il sortit de Cluny un grand nombre d'érudits et de grands prélats et pendant tout le Xème siècle, un grand nombre de moines dissipèrent brillamment les ténèbres du temps. La réputation de Cluny y attira aussi des évêques: l'archevêque Gerald vint y finir ses jours dans la piété mais d'autres, comme Turpion, évêque de Limoges (déjà connu pour sa piété et son savoir) venaient y perfectionner leurs connaissances. Enfin, St Maïeul et St Odilon, successeurs de St Odon continuèrent d'être remarquables et les papes, les empereurs et les roi eurent recours à leurs conseils. De Cluny, les façons de faire essaimèrent y compris dans la doctrine des lettres
Cormery (diocèse de Tours)
une école où Guy, fils du comte d'Anjou Foulques et ensuite évêque du Puy fut instruit dans les lettres
Epternach (Luxembourg)
pas d'école plus continue ni plus florissante au Xème siècle. Dirigée successivement par 3 maîtres érudits: Heribert, Rudiger, Adelhaire; ils formèrent grand nombre de disciples et laissèrent plusieurs ouvrages chacun. Marcquard, autre érudit (divers écrits) y avait été formé dès le début du Xème siècle
Abbaye de Gembloux (Belgique, diocèse de Liège)
en étroite union avec Laubes et donc les usages y passèrent
Jumièges
sous l'abbé Annon, dès la fin du VIIIème siècle, on s'adonnait à l'étude et à la copie
Abbaye de La Réole
Gombald, évêque de Gascogne et le duc Guillaume-Sanche, son frère imitèrent les Anglais dans leur relation à Fleury et soumirent l'abbaye à celle-ci du fait de sa réputation en matière d'études comme de discipline
Langres
on allait de là étudier à Luxueil mais Langres même avait ses écoles. Un auteur anonyme, par lettre, exhorte les maîtres à ne pas négliger aussi la piété et les élèves à progresser chaque jour. Brunon, évêque de Langres (980-1015), qui avait étudié à Reims puis acquit un grand fonds de savoir, se fit un devoir "capital" de rétablir les écoles de son diocèse; il prenait le soin d'enseigner lui-même ses clercs dans les sciences sacrées et profanes malgré ses autres tâches
Laubes ou Lobbes (Liège)
longtemps gouvernée par les évêques de Liège. L'évêque Etienne, abbé de Laubes, y développa les études autant que dans sa cathédrale et les études s'y maintinrent jusqu'au XIème siècle avec une suite de savants hommes. Rathier, évêque de Vérone (où il travailla à dissiper les ténèbres épaisses de l'Italie) y fut élève en 953 il devint évêque de Liège jusqu'en 956 contribuant aux écoles. Les plus illustres élèves, au début du Xème siècle, sous Etienne, furent: Rathier (un des plus savants hommes de son siècle mais inquiet et turbulent; sa réputation l'amena à la cour d'Otton I où il brilla parmi les autres érudits; plus que tout autre, il contribua à former Brunon, frère de l'empereur, archevêque de Cologne, un des plus érudits prélats de son temps et le plus zélé à étendre les études), Scamin, Theoduin. Quand on décida, finalement, de donner à Laubes des abbés réguliers, trois se distinguèrent dès le Xème siècle: Aletran (éloquence, grande érudition sacrée et profane), Folcuin, Heriger (les deux derniers connus par leurs écrits). Adelbolde, devenu chancelier de l'empereur Henri, évêque d'Utrecht, ayant commencé ses études à l'école de Liège, continua à Laubes. St Burchard, évêque de Worms (un recueil de canons) fut aussi élève à Laubes. Olbert ou Adelbert (surtout connu au XIème siècle) dirigeait alors les écoles
Liège
en Belgique. La ville devint célèbre lorsqu'y fut édifiée une basilique abritant les reliques de St Lambert, évêque qui avait achevé la difficile conversion des Francs de la région et qui avait été tué par des seigneurs locaux en 705. Liège remplaça alors Tongres comme siège épiscopal. L'école de Liège est modeste au début mais le passages d'érudits proches de la cour -ainsi Sedulius Scottus vers 850, avec Dermoth, Fergus, Blandus, Marcus et Bentchell- rendent l'école prestigieuse. Liège a alors une colonie de maîtres irlandais sous le règne de Lothaire (840-855). Ces périodes de prestige, liés à une personnalité, cependant, ne durent pas. C'est, en fait, surtout à partir du début du Xème siècle qu'émergent nettement des écoles -au pluriel- à Liège, dont l'école cathédrale St-Lambert. Elles naissent des rapports d'érudition qui s'établissent entre la cathédrale de Liège et le monastère de Lobbes mais se sera surtout à la fin de l'époque carolingienne -après 950-960- que les écoles deviennent prospères et réputées. L'impulsion donnée, vers 900, par Etienne, évêque, tient à ce que le prélat, apparenté à la dynastie carolingienne et à la haute aristocratie franque, a été formé, à l'Ecole palatine de Charles le Chauve, auprès de Mannon, puis Robert, évêque de Metz (883-917). Robert était lui-même soit un condisciple, soit même l'élève de Notker le Bègue (vers 840-912), à l'école de l'abbaye de St-Gall. Notker, à la fois poète, hagiographe et biographe, "musicologue" et liturgiste, transmit ces aptitudes à Robert, qui les transmit à Etienne. L'école de Liège, vers 900, alors que cette partie de la Lotharingie est rattachée à la Francie Occidentale, devient, par Etienne, une sorte de pont intellectuel qui apporte à la partie occidentale de l'Empire les connaissances du monde germanique. Etienne sera surtout hagiographe et liturgiste. Il occupe le siège de Liège de 901 à 920. Il est l'auteur d'une vie de St-Lambert, autre évêque de Liège. L'aura de l'école, et surtout d'Etienne, à cette époque voire par la suite, tiennent sans doute au fait que l'évêque était apparenté aux Carolingiens. Les écoles de l'époque carolingienne, à Liège, se perpétuèrent pendant les temps sombres et pendant la première moitié du XIème siècle. Alors que l'Europe d'alors était en déclin, Liège demeura un centre renommé de littérature et d'art. Les études y fleurissaient dès la fin du IXème siècle. Francon, évêque, de grande naissance (depuis 903) y amena les études qu'on faisaient au palais de Charles le Chauve, là où il avait étudié (il devint philosophe, rétheur, poète et habile dans la musique; il y joignait un génie vif, un don singulier pour parler et beaucoup de vertu). Il dirigea longtemps lui-même ses écoles. Lui succéda Etienne, autre prélat érudit (musique, chant d'Eglise, liturgie, belles lettres mais il écrivait mal); aussi abbé de Laubes il soutint aussi bien l'école cathédrale que l'école monastique et les études s'y maintinrent jusqu'au XIème siècle avec une suite de savants hommes (Hilduin, ou Tasson, évêque de Liège puis de Vérone et archevêque de Milan). Rathier, élève d'Etienne à Laubes fut utile aux écoles de Liège quant il devint évêque du lieu en 953-956. Cependant les études avaient souffert pendant les troubles qui avaient agité l'Eglise de Liège et il ne put réparer les dommanges en si peu de temps. Son plus savant élève Everacle lui succèda après Baldric et il réussit ce redressement des écoles et il enseignait aussi quelquefois lui-même aux écoles. Comme il était souvent appelé à aller près de l'empereur Otton II ou de Brunon, archevêque de Cologne, il envoyait de petites pièces en vers pour piquer l'émulation. L'école acquit encore un nouveau lustre sous Notger, successeur d'Everacle; il fut l'un des plus studieux prélats de la fin du Xème siècle, zélé pour l'instruction de ses élèves et il se faisait accompagner de certains dans ses voyages pour les former lui-même; il eut soin de leur donner de bons maîtres et de leur fournir toutes les choses nécessaires à l'étude dont des livres (il avait été élève à St-Gall). Plusieurs grands hommes sortirent alors des écoles de Liège (qui en répandirent les méthodes en France, Germanie et autres pays encore plus éloignés): St Maurille, archevêque de Rouen, Gonter ou Gontier, archevêque de Salzbourg, Rothard et Herluin, archevêques de Cambrai, Heimon archevêque de Verdun, Hezelon archevêque de Toul, Adelbalde, d'Utrecht, Durand (qui passa ensuite à l'Eglise de Bamberg où il fit enseigner les arts libéraux) et Vazon, de Liège, Otbert, réformateur des chanoines d'Aix-la-Chapelle, Hubald ou Hubold (enseigna à Paris puis alla porter les études en Bohême)
St-Martial de Limoges
elle s'associa à l'abbaye de Fleury vers 942 et comme Fleury fleurissait dans les lettres alors, on peut penser que l'association occasionna un renouvellement des études (il existait encore beaucoup d'anciens manuscrits aux Temps modernes)
Montier-en-Der
Adson, maître de l'école de St-Evre, devint abbé de Montier-en-Der et il y fit revivre les sciences et la discipline monastique
Abbaye de Moyen-Moûtiers
sans doute une bonne école car on a encore plusieurs manuscrits anciens dont certains contenant divers ouvrages profanes
Narbonne (cathédrale)
Bernard, neveu d'Aymeric, archevêque de Narbonne, est grammairien et "philogramme" ("homme qui aime et cultive les lettres") vers 977
St-Evre (abbaye, Toul)
Adson, moine de Luxeuil, renommé pour sa science et sa piété, bien que jeune, sa réputation étant arrivée à Gauzlin, évêque de Toul, ce dernier le fit venir dans le diocèse à St-Evre et le nomma maître des écoles. Celles-ci devinrent alors si célèbres que les clercs séculiers vinrent y étudier avec les moines
St-Florent de Saumur
Absalon, moine, fort lettré donc on n'y négligeait pas les études
St-Pierre-le-Vif (diocèse de Sens)
études florissantes. Une des premières abbayes où on adopta la réforme de Cluny
St-Savin (Poitou)
comme la discipline y était bonne, on peut présumer que les études l'étaient aussi. On y élevait des enfants dans les lettres comme dans la piété, ainsi St Hugues, d'une famille très distinguée du pays puis réformateur de l'abbaye de St-Martin d'Autun
Strasbourg
les écoles cathédrales sont illustrées par Victor, moine de St-Gall, parent de l'évêque Erkenbald. D'une façon générale, pendant tout le Xème siècle, l'Eglise eut des évêques fort instruits dont plusieurs enrichirent la bibliothèque de la cathédrale et laissèrent des productions de leur savoir: Richwin (lettres divines, vertus), Rothard ou Rudhard (plus habile prélat du temps dans l'érudition sacrée)
Toul
bien que moins fréquentées que celles de St-Arnoul, les écoles sont encore mieux soutenues qu'à Verdun. Einolde, avant de se retirer à Gorze, y brillait par une érudition tant sacrée que profane et le diacre Berner (qui avait un talent singulier de bien parler et le don de la persuasion) était le maître des écoles. Jean de Vandière fut son élève pour la grammaire, les premières parties de Donat et le comput. St Gauzlin et St Gérard successivement évêques de Toul pendant plus de 60 ans (922-994), forts érudits autant que le siècle le permettait, prirent soin de faire fleurir les études. Gérard, tout en enseignant son peuple, s'occupa de lui-même enseigner ses clercs surtout au ministère de la parole; il réussit si bien qu'il n'y avait pas en "Belgique" d'Eglise avec plus de lumières tant chez les clercs que les laïcs; et Gérard s'instruisait lui-même et, après le labeur du jour, des personnes étaient préposées pour lire alors qu'il était au lit. Il avait des communautés de Grecs dans son diocèse.
Abbaye de Tournus
une école dont Absalon, moine de St-Florent de Saumur, fut chargé en 940 quand il s'y retira
St-Julien de Tours
autre monastère en relation épistolaire avec Gerbert, ce qui y soutint les études, lesquelles avaient été réanimées par St Odon (de Cluny) qui, en 937, y installa son "Institut". Encore à la fin du XIème siècle, Ecbert ou Euvrard, abbé, avait enrichi la bibliothèque de Gerbert
St-Mathias de Trèves (Trèves)
au Xème siècle, Marcquard, d'Epternach, en fut tiré, pour devenir le maître de l'école
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