logo du site et lien-retour vers la home page française flèche retour Erudition et savoir à l'époque carolingienne
image décorative .Evolution générale de la culture de Rome aux Carolingiens .La renaissance carolingienne .Alcuin .Paulin .L'enrôlement du clergé .L'Ecole palatine

L'Ecole palatine

bandeau décoratif pour les pages du site, qui rappelle celui de la page d'accès général et celui de la home page de la partie française

L'Ecole palatine carolingienne innova. A l'époque mérovingienne, l'enseignement traditionnel n'était dispensé que par les écoles monastiques et cathédrales. Il y avait bien à la cour mérovingienne une "schola palatina" mais son rôle était d'enseigner aux jeunes nobles francs l'art de la guerre et les manières de cour. Cette troupe de jeunes gens servait également de troupe d'élite attachée à la cour. La volonté de faire de cette "schola palatina" un lieu d'enseignement culturel ne prit forme qu'à partir de 780 et lorsqu'Alcuin en fut nommé le chef. Par ailleurs, il est certain qu'une telle école existait à Utrecht du temps de Pépin le Bref et que St Boniface avait écrit une grammaire en latin. La cour, cependant, continuait aussi d'être le lieu ou l'on apprenait l'"art militaire". Alcuin n'était pas le seul acteur de l'Ecole palatine et il est certain qu'il y incorpora les érudits éminents qui étaient déjà à la cour. Les Italiens étaient, au sein de ceux-ci, le groupe le plus influent. La résidence ordinaire de l'Ecole palatine était à Aix-la-Chapelle mais ses membres accompagnaient Charlemagne dans ses déplacements

vignette-lien vers une carte du palais d'Aix-la-Chapellecliquez pour une illustration du palais d'Aix-la-Chapelle

L'Ecole palatine avait trois fonctions principales. Elle était à la fois un centre de savoir et d'enseignement pour tout le royaume, un lieu d'enseignement de haut niveau pour la noblesse franque, pour Charlemagne et sa famille, et pour les clercs de la Chapelle Palatine, un lieu, enfin, de production des livres. C'est en effet dans le cadre de l'Ecole palatine que les oeuvres liturgiques mais aussi païennes étaient copiées et préservées. Les oeuvres liturgiques visaient à produire de meilleurs textes d'Eglise ; les textes païens visaient à l'apprentissage de la littérature latine et des arts libéraux. Les livres étaient envoyés à l'Ecole depuis les abbayes du royaume et y étaient copiés. De même, des oeuvres terminées étaient à leur tour données aux abbayes. Ces oeuvres servaient aussi bien à l'étude qu'à l'enseignement -clérical et laïc- donné par l'école locale. Cette production accrue de l'écrit, de plus, amena l'apparition de très grandes bibliothèques, ainsi celle d'Angilbert, abbé de St-Riquier en 790. L'invention de la minuscule caroline, par ailleurs, permit d'augmenter ce travail de copie par le fait que cette nouvelle écriture était plus simple à écrire et que, adoptée par tous les "scriptoria" de l'Empire, elle uniformisait le travail de copie. L'Ecole palatine en tant que telle, c'est-à-dire centrée sur Charlemagne, ne survivra pas -c'est à noter- à celui-ci. Pour ce qui est de l'Ecole palatine de Charles le Chauve, elle ne réapparaît que dans les années 860. Il semble que l'Ecole ait alors suivi les déplacements successifs de la cour (Soissons, Saint-Denis, Ponthion, Compiègne). Un autre point de vue ne fait pas état de cette solution de continuité -sauf pour une courte période, entre 804 et 814, donc du temps même de Charlemagne (et qui est peut-être l'époque de la direction de l'Ecole par Théodulf). Alcuin fut officiellement maître de l' Ecole palatine de 782 à 796; retiré à Tours à cette date, on pense qu'il conserva la direction de l'Ecole jusqu'à sa mort, en 804. Ses successeurs au titre de maître de l'Ecole Palatine furent: Claude, évêque de Turin (de 814 à 818); Aldric, abbé de Ferrières (de 818 à 821 environ); Amalaire-Symphosius (de 821 à 837); Angelome, moine de Luxeuil (vers 837); Thomas (de 837 à 845); Jean Scott Erigène (de 845 à 871); Mannon (de 871 à 879). La dernière date -879- montre nettement un déclin assez rapide de l'institution. Elle correspond à la fin du règne de Charles le Chauve, à l'Ouest, à la disparition de la Lotharingie par le traité de Mersen (870) et, pour l'Est, à la fin du règne de Louis le Germanique. La culture alors, se réfugia dans les écoles monastiques et cathédrales. On ne sait pas si des bribes d'Ecole Palatine survécurent auprès des diverses cours d'après 879

->L'Ecole dans sa perspective historique

Certains auteurs pensent que l'effort des Carolingiens pour lancer cette renaissance de l'érudition et des lettres de l'Antiquité romaine et grecque correspondit au fait qu'en succédant aux Mérovingiens, la nouvelle dynastie mettait, finalement, fin au monde méditerranéen, qui, jusque là, depuis la chute de Rome, avait réussi à perdurer, et qu'elle fondait un nouvel Occident sur le coeur ancien, et germanique, du monde franc, l'Austrasie, fondant le monde, là, sur la terre et l'agriculture, en remplacement du monde ancien, fondé sur la conquête et la marchandise. Ainsi, écrivent ces auteurs, les Carolingiens, paradoxalement, mirent en oeuvre cette opération de sauvegarde de la culture de la Méditerranée alors que le monde qui lui avait donné naissance -et qui, ensuite, l'avait abritée, jusqu'à la fin des Mérovingiens- arrivait à son terme et cédait la place à une nouvelle Europe. Cela est possible. Mais les raisons des Carolingiens, dans ce cas, sont peu claires, particulièrement si, de plus, on rapproche la situation de ce qui s'était passé dans l'Espagne wisigothique dans les dernières décennies du VIème siècle -au moment ou celle-ci quittait l'arianisme pour le catholicisme. A cette époque-là aussi, Léandre, le frère d'Isidore de Séville, avait lancé un effort -qu'il partageait avec le reste de l'Eglise d'Espagne- pour que soient copiées et préservées les oeuvres antiques. Il semble qu'en Espagne, cette forme de renaissance et de préservation de la culture, tant profane qu'ecclésiastique, ait été le fait de l'Eglise, qui en faisait le moyen de rendre certaines ses fondations intellectuelles, et d'avoir des clercs instruits. L'effort, comme cela allait être le cas sous les Carolingiens un siècle plus tard, s'étendit aussi à l'aristocratie wisigothe et jusqu'aux humbles paysans du pays. Pour ce qui est du monde franc, qui, finalement, prit l'initiative de la renaissance intellectuelle? Charlemagne -et même Pépin le Bref? Rome? Il semble bien que ce soient les souverains Carolingiens qui aient choisi de lancer le mouvement, mais, il faut le noter, à une époque qui se caractérisait par l'accroissement de leurs liens avec la papauté, du fait de la géopolitique d'alors et où la réforme de l'Eglise franque -et l'évangélisation de la Germanie- avaient commencé. La renaissance carolingienne, comme ce fut sans doute le cas chez les Wisigoths, finit par être utile à la fois à la monarchie -qui disposait d'une aristocratie cultivée, à l'Eglise -qui obtenait des clercs instruits, capables d'approfondir la réforme de l'Eglise franque, et au peuple, qui, jusqu'aux plus bas des écoles de paroisse et de villages pouvait accéder à une forme minimale de formation. Une caractéristique de la renaissance de la culture et de l'enseignement dans l'Espagne wisigothique fut qu'elle bénéficia, en couches successives, des flux d'exilés qui venaient de l'Afrique du Nord, chassés par les Vandales, la reconquête byzantine et, enfin, l'avancée arabe. La conquête arabe de l'Espagne, enfin, interrompit l'effort commencé par Isidore de Séville. Il semble certain, en tout cas, que la renaissance carolingienne s'ancre dans cette étape décisive de la construction de la synthèse européenne qui consiste en le recentrage du monde, de la Méditerranée vers le Nord. Ce recentrage, en éloignant l'Europe de son Sud et des marchands, apportera un élément décisif à cette synthèse

Au moment où naîtra l'Université de Paris, vers 1200, un chroniqueur cistercien et un dominicain font état de ce que l'Ecole palatine aurait été l'héritière de l'Ecole d'Athènes, devenue ensuite Ecole de la Sagesse à Rome. L'Ecole palatine aurait suivi Alcuin sur la route de Tours, s'arrêtant à Paris

Website Manager: G. Guichard, site Learning and Knowledge In the Carolingian Times / Erudition et savoir à l'époque carolingienne, http://schoolsempire.6te.net. Page Editor: G. Guichard. last edited: 3/21/2017. contact us at geguicha@outlook.com