logo du site et lien-retour vers la home page française image décorative 2, semblable à la précédente mais plus petite .Les pélerinages à l'époque carolingienne .Un baptême à l'époque carolingienne .Les apôtres, St Paul, les évangélistes .L'Apocalypse de St Jean .Un résumé du catholicisme .Le pélerinage de St-Jacques-de-Compostelle .L'ancienne basilique Saint-Pierre .Les tribulations des reliques d'un saint à l'époque carolingienne arrow back

La pratique chrétienne à l'époque carolingienne

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Le baptême par aspersion, donné aux enfants, devient signe d'intégration dans la société chrétienne et acquiert une force de lien automatique et quasi-magique (ce sera cette conception qui déterminera Charlemagne à obliger les Saxons au baptême). Par peur de sacrilère, la communion, à l'initiative d'Alcuin, est désormais donnée dans la bouche (avec du pain sans levain) et non plus dans la main. Enfin, la pénitence publique, vécue par les guerriers germains comme un déshonneur, devint, sous l'impulsion des moines colombaniens, vers 600, auriculaire, secrète et avec réparation tarifée comme dans les lois germaniques. L'Eglise plaça, en tête des fautes, la fornication, la violence et le parjure, au contraire des vues germaniques pour lesquelles c'étaient le vol, le viol et le rapt. Les Germains modifièrent les cimetières: sous les Mérovingiens, ces derniers sont éloignés des vivants. Puis, entre 650 et 750, l'Eglise ramène les corps autour de l'église paroissiale, à l'imitation de l'enterrement des fidèles autour des grandes basiliques suburbaines depuis le VIème siècle. L'Eglise agit aussi pour la formation morale des Grands via les premiers Miroirs des princes ainsi que par l'appel à développer les qualités chrétiennes (foi, espérance, charité, prudence, justice, force, tempérance), la prière personnelle voire la lecture silencieuse venue des Bénédictins. Par cette culture personnelle, la conviction intime des Chrétiens était fondée et permettait d'éviter les réactions instinctives. La conscience personnelle est une des victoires de l'Eglise des temps carolingiens. Les ermites, confondus souvent avec les fous, s'enfoncent dans les bois et ont contribué de façon importante aux groupes sociaux alentours mais les Carolingiens s'en méfient et les règlementent. Les espaces protégés (droit d'asile des églises et sanctuaires, immunistes) sont le seul moyen de permettre l'individu (le concept évoque aussi celui de la clôture de la propriété familiale, le jardin et verger). L'hospitalité est peu ou prou pratiquée

Les fêtes

Les fêtes chrétiennes, tout au long de l'année, permettent de commémorer les évènements de la vie du Christ, les Apôtres, la Vierge Marie et les martyrs et les saints. Des offices spéciaux sont prévus, accompagnés ou pas d'un repos obligatoire. Jusqu'au IIIème siècle, seules les anciennes fêtes juives de Pâques et de la Pentecôte sont célébrées, ainsi que le jour du Seigneur. Deux fêtes, l'Epiphanie et Noël, sont ajoutées au IVème siècle. Puis vinrent des fêtes d'Apôtres et de martyrs dans certaines régions, et, plus tard, des confesseurs, tels St Martin ou St Grégoire seront aussi fêtés. Il semble qu'en 620, il y ait eu, en tout 11 fêtes et 19 au temps de St Boniface. Dans un capitulaire, Charlemagne précise: "Les fêtes de l'année qui doivent être respectées, sont celles de Noël et de l'Epiphanie avec octave; la Purification, Pâques et son octave; la grande Litanie ou les Rogations; l'Ascension, la Pentecôte, la fête de St Jean, de St Pierre et de St André. Quand à l'Assomption de Marie, nous nous en réservons d'en demander l'avis [l'Assomption sera finalement comptée au nombre des fêtes dans un autre capitulaire]". En Angleterre, au IXème siècle, les fêtes sont Noël, l'Epiphanie, Pâques, l'Assomption, les saints Pierre et Paul, St Grégoire et la Toussaint; 3 fêtes, au Xème siècle, sont ajoutées pour la Vierge ainsi que des fêtes pour les apôtres. La Toussaint, "fête de tous les Saints", est fixée au 1er novembre, au IXème siècle, par le pape Grégoire IV; elle permet d'honorer tous les saints -y compris les obscurs et les inconnus- qui n'ont pas de jour de fête attitrée dans l'année (aux premiers siècles, la célébration visait ceux qui étaient "entrés en Dieu pour toujours" et se fêtait vers Pâques et la Pentecôte, tradition qui s'est maintenue en Orient). Il est possible que cette fête de tous les saints soit née au palais de Charlemagne. Pour ce qui est des Rois mages, leurs noms leur ont été donnés au VIIème siècle par un Arménien et la tradition des Rois a été adoptée en Occident au IXème siècle. Le culte marial se sera développé à Rome, au VIIème siècle du fait de l'influence orientale qu'on y trouvait

La messe

La liturgie classique de la messe, telle qu'elle existait avant le concile Vatican II, c'est-à-dire pendant la plus grande partie de l'histoire occidentale, prit sa forme définitive sous le pape Grégoire le Grand (590-604), après que des changements importants se soient produits, à une date incertaine, entre les IVème et les VIème et VIIème siècles. Le canon reste encore partagé entre le canon gallican et le canon romain. La fusion des deux se fera du IXème au Xème siècle, lorsque Charlemagne demandera au pape Adrien de lui envoyer le sacramentaire romain et ordonnera que celui-ci soit utilisé dans tout le royaume. Mais le peuple étant attaché à ses usages gallicans -qui, d'ailleurs étaient déjà partiellement romains et partiellement gallicans- les copistes -dont Alcuin- ajoutèrent au canon romain des suppléments francs. Ceux-ci finirent peu à peu par s'y incorporer. De la même manière que pour le chant grégorien, lorsque le rituel revint à Rome avec les ajouts gallicans, il fut conservé tel, et devint l'"usage de l'Eglise romaine". Le pape Grégoire avait donné au rituel une uniformité -semblable à l'immuabilité du rituel de l'Eglise d'Orient- alors qu'une certaine variété en fonction des jours et des saisons, avait été introduite par l'influence franque ainsi que des rites symboliques tels la bénédiction des cierges, des cendres, des rameaux, ou le rituel de la Semaine Sainte. Voici comment la messe se déroulait, à la basilique St-Pierre, au VIIIème ou IXème siècle -comment se déroulait une messe dans le royaume franc reste cependant encore un mystère: le pape et la procession entraient au chant de l'Introït. Après une prostration, avait lieu le Kyrie Eleison. Les jours de fête, il était suivi du Gloria. Le pape chantait la prière du jour, suivie de 2 ou 3 lectures, mêlées de psaumes. L'essentiel des prières des fidèles n'existaient plus. Le pain et le vin étaient apportés avec le chant de l'Offertoire. La Secrète, la seule prière de l'Offertoire- était chantée. La Préface et le Sanctus suivaient, puis le Notre Père et la Fraction du pain, le baiser de paix, l'Agnus Dei, la Communion -sous les deux espèces -avec le chant de la Communion. La prière d'après la Communion et le Dimittis avait lieu et le Pape, en procession, repartait à la sacristie

Le grec est la langue des premiers temps chrétiens. Le grec (un grec simplifié) est parlé dans tout l'Empire romain (à Rome par le prolétariat urbain venu d'Orient) et par les Juifs. Dans l'Orient, le grec est parlé en Grèce, en Asie Mineure, en Syrie, en Palestine et en Egypte. Le grec devient donc la langue de la liturgie. Le latin, paradoxalement, ne vient que de l'Afrique du Nord où les convertis sont surtout de langue latine et vers 250, l'influence du latin tend à l'emporter sur le grec. Le phénomène est accru lorsque, dans la 2ème moitié du IIIème siècle, les flux migratoires d'Orient diminuent. Le grec restera en usage dans la liturgie romaine, au moins à un certain niveau, jusqu'à la seconde moitié du IVème siècle mais le latin devient la langue de l'Eglise sous le pontificat de Damase Ier (366-384); seule le Kyrie reste grec et les lectures de la messe pontificale. Cette suprématie s'inscrit dans l'effort d'alors de christianiser totalement le monde romain, la "Latinitas" (construction de St-Paul-hors-les-Murs, insertion des temples anciens dans des cycles de fêtes chrétiennes). Ce latin est fortement stylisé et loin du latin vernaculaire d'alors et il donne à la liturgie une gravité romaine, à l'encontre d'une forme d'exubérance orientale. Le latin, également, à la différence de ce qui se passe en Orient où plusieurs langues liturgiques (syrien, copte, arménien, éthiopien, etc.) cohabitent avec le grec, marche la main dans la main avec la centralisation romaine et devient la langue liturgique unique de tout l'Occident

Les sacrements

Il fallut attendre le concile tenu à Londres en 1237 pour que l'Eglise donne une première liste des sacrements, au nombre de sept: le baptême, la confirmation, l'Eucharistie, la pénitence, l'extrême-onction, l'ordre et le mariage. Il se pourrait que ç'ait été Pierre Lombard qui, au XIIème siècle, ait été le premier à fixer ce chiffre de 7. Par ailleurs, ce ne sera pas avant après le IXème siècle que les sacrements stricto sensu seront différenciés définitivement des "sacrements" en général (tout signe ou chose sacrés) à quoi ils avaient été mêlés jusque là. La patristique avait mentionné les sacrements de ci, de là et, finalement, dans les siècles qui précédèrent la réception en Occident de l'aristotélisme, les sacrements, en fait, existaient et étaient pratiqués par des chrétiens plus préoccupés de pratique que d'une théorisation nette et précise. L'Eglise, cependant, une fois les grands débats déclenchés par les hérésies éteints -au IVème siècle par exemple- put consacrer plus de temps aux questions des sacrements. Ce fut également l'époque du développement des sacramentaires, qui fixèrent les rites. Des auteurs ecclésiastiques tels Isidore de Séville, Bède et même Alcuin, ont écrit sur les sacrements

Le Carême

Carême est traduit du latin "quadragesima" -le "quarantième jour"- et désigne la période de 40 jours qui précède Pâques. Il semble que, depuis les débuts de l'Eglise, les usages concernant un Carême aient été variés et, qu'en tout cas, il n'ait jamais été question d'une période de 40 jours. Le Carême semble s'être développé en relation avec la fête de Pâques, qui devint, progressivement seulement, une fête annuelle. Le jeûne de Carême, vers les années 330, semble observé dans toute la Chrétienté occidentale. Le Carême, à partir de là, continua d'être diversement suivi quant au jeûne, selon les endroits. Quant à sa durée, elle finit par être de 36 ou 40 jours. La diversité existait également en ce qui concerne ce dont il fallait s'abstenir au plan alimentaire -de l'abstention de diverse nourriture à seulement un ou deux repas par semaine. La règle ordinaire semble avoir été de prendre un repas par jour, le soir; la viande et le vin étaient totalement prohibés. Le repas du jeûne, au cours de la Semaine Sainte, et, au moins, le Vendredi Saint, se composait de nourriture séchée, de pain, de sel et de légumes. St Grégoire, au VIème siècle, précisa qu'il fallait, pendant le Carême, s'abstenir de viande et de tout aliment qui lui était associé: lait, fromage, oeufs. Cela devint la loi commune de l'Occident

Pour ce qui est des temps carolingiens, la pratique était désormais bien établie que le Carême comprenait 40 jours, depuis le mercredi des Cendres, et 6 dimanches. La viande, les oeufs, le fromage et le lait étaient interdits les 40 jours et les 6 dimanches et, chacun des 40 jours, on ne prenait qu'un repas, le soir. Le moment de la prise du repas, cependant, connut un adoucissement. Charlemagne, par exemple, est vu rompre le jeûne à 14h. Cette évolution semble liée à l'autorisation de réciter l'office de Vêpres à midi pendant le Carême. Ce changement du temps du repas autorisé était cependant encore considéré comme n'étant pas jeûner selon les canons au XIème siècle. Le concile d'Aix-la-Chapelle, au IXème siècle, par ailleurs, décida qu'une boisson -eau ou autre- était licite, le soir, même dans les monastères et abbayes, de façon à compenser la soif provoquée par le travail manuel de la journée. Comme cette boisson admise était prise à l'heure où les "Collationes" ("conférences") de Cassien était lues aux moines, on l'appella "collation". Théodulf d'Orléans, en ce qui le concerne, considérait comme exceptionnellement vertueux, de s'abstenir, en Carême, d'oeufs, de fromage et de poisson. On ne sait pas si, à l'époque carolingienne, des exemptions de l'abstinence de lait, oeufs et fromage étaient déjà accordées à la condition d'une contribution en argent à une oeuvre pie. L'interdiction des produits laitiers et des oeufs se perpétue encore, de nos jours, dans la tradition des oeufs de Pâques

Enfin, il faut savoir, qu'en cette période du Haut Moyen Age, s'ajoutaient au Carême d'avant Pâques, le Carême d'avant Noël et le Carême de Pentecôte, chacun de 40 jours aussi. On jeûnait aussi les mercredi et vendredi, les "4ème et 6ème féries", jours où se célébraient, auparavant, les cultes païens de Mercure et Vénus. D'une façon générale, ces longs jeûnes étaient compensés par d'innombrables jours de fête, 156 au total (aux fêtes liturgiques, en effet, les Carolingiens avaient ajouté les repas commémoratifs des anniversaires des Grands, ainsi l'impératrice Judith, Louis le Pieux, Charles le Chauve, etc.)

Website Manager: G. Guichard, site Learning and Knowledge In the Carolingian Times / Erudition et savoir à l'époque carolingienne, http://schoolsempire.6te.net. Page Editor: G. Guichard. last edited: 1/5/2015. contact us at geguicha@outlook.com